Production de peptides et thérapie cellulaire : Saidal accélère sur les biotechnologies de pointe
Un programme spécialisé sera lancé dans les prochains mois au profit de jeunes chercheurs et ingénieurs en biotechnologie du groupe, afin qu’ils maîtrisent les techniques de production des peptides, ces molécules utilisées notamment dans le traitement du diabète. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a présidé mercredi à Alger, au siège du Centre de recherche, de développement et d’innovation de Saidal, une réunion de travail consacrée à l’état d’avancement de deux projets structurants du groupe public à savoir la production locale de peptides et la création de l’Institut algérien de thérapie cellulaire et génique (IATCG), selon un communiqué du ministère.
Cette rencontre avec les cadres de Saidal s’inscrit dans le suivi rapproché des projets stratégiques pour l’industrie pharmaceutique nationale. Elle a permis, précise le communiqué, « de se pencher sur les différents aspects techniques et scientifiques liés à ces deux projets et de suivre les préparatifs en cours, en coordination avec les partenaires étrangers, notamment en matière de transfert d’expertise et de technologie et de développement des compétences nationales spécialisées ».
L’enjeu central de cette démarche reste la formation. Un programme spécialisé sera lancé dans les prochains mois au profit de jeunes chercheurs et ingénieurs en biotechnologie du groupe, afin qu’ils maîtrisent les techniques de production des peptides, ces molécules utilisées notamment dans le traitement du diabète. Objectif affiché par le ministère, bâtir « une base nationale de compétences spécialisées à même de soutenir les capacités de l’Algérie dans ce domaine vital ».
Rappelons que le projet de production de peptides n’est pas nouveau. Dès février dernier, Saidal avait dévoilé un partenariat avec un opérateur iranien expérimenté dans ce créneau, avec l’ambition de localiser toute la chaîne de valeur, de la recherche jusqu’à la production industrielle. Quant à l’IATCG, sa première pierre avait été posée par le président de la République en juillet dernier. Conçu comme un écosystème intégré, l’institut repose sur trois pôles à savoir la recherche scientifique associant chercheurs algériens de l’intérieur et de la diaspora, une unité de production de cellules souches et immunitaires pour les thérapies innovantes, et une clinique spécialisée destinée notamment aux patients atteints de cancers résistants aux traitements classiques.
Ces deux chantiers s’inscrivent dans une dynamique plus large de mue de Saidal, longtemps cantonné au générique, vers les biothérapies. Le groupe a multiplié ces derniers mois les accords internationaux, avec les laboratoires Novo Nordisk et Boehringer notamment, ainsi qu’une alliance sanitaire avec le Danemark en juin dernier pour le développement de traitements innovants contre certains cancers.
Pour le ministère, ces projets « revêtent une importance stratégique » face à l’évolution rapide des biotechnologies et des thérapies avancées, y compris la production de médicaments et de produits biologiques à forte valeur ajoutée. Ils doivent, conclut le communiqué, « renforcer les capacités de production nationale et développer la recherche scientifique, au service des objectifs de souveraineté sanitaire ».
Samir Benisid

