CGCI-PME : Les garanties grimpent à 41 milliards de dinars en 2025
Les garanties accordées par la Caisse de garantie des crédits d’investissement pour les PME (CGCI-PME) ont atteint 41 milliards de dinars (mds DA) en 2025, contre 35 mds DA l’année précédente, une progression qui confirme la trajectoire de croissance continue de cet organisme public d’accompagnement, selon un bilan de la caisse transmis à l’APS. Cette hausse s’inscrit dans une dynamique déjà observée les années précédentes. En effet, les crédits garantis étaient passés d’environ 28 mds DA en 2023 à 35 mds DA en 2024, avant d’atteindre ce nouveau palier de 41 mds DA en 2025. Sur le plan du nombre d’opérations, la Caisse a garanti 671 crédits d’investissement l’an dernier, contre 561 en 2024, soit une hausse de 20% en volume de dossiers et de 15% en valeur.
Depuis sa création en 2006, la CGCI-PME ayant été instituée par décret présidentiel en 2004 pour faciliter l’accès des PME au crédit bancaire, et jusqu’au 31 décembre 2025, l’organisme a accompagné plus de 6.000 projets d’investissement, pour un montant cumulé dépassant 279 mds DA de crédits garantis. La Caisse, dont le capital est détenu à 60% par le Trésor public et à 40% par un pool de banques publiques (BNA, BEA, CPA, BDL, BADR et CNEP-Banque), agit sous la tutelle du ministère des Finances et sa garantie est assimilée à une garantie d’État. La répartition sectorielle des montants garantis en 2025 fait ressortir la prédominance de l’industrie, qui capte 41% des volumes, suivie du bâtiment, travaux publics et hydraulique (BTPH) avec 22%, des services (13%) et du transport (12%). La santé représente 10% des montants garantis, tandis que le tourisme et les professions libérales se partagent les 2% restants.
Si la garantie des crédits destinés à la création d’entreprises constitue la vocation première de la CGCI-PME, ce sont les projets de développement et d’extension qui dominent désormais son activité. Ils représentent, en effet, 73% des dossiers relevant du segment PME et 52% de ceux traités au titre de la garantie déléguée destinée aux très petites entreprises (TPE). Une répartition qui traduit, selon la Caisse, « la volonté des entreprises d’investir dans leur croissance, de renforcer leur compétitivité et de contribuer à la création de richesse ».
Sur le volet des sinistres, l’organisme a versé 2,1 mds DA d’indemnisations en 2025, correspondant à un taux de sinistralité de 19% en nombre de dossiers et 13% en valeur. Le cumul des décaissements depuis la création de la Caisse s’élève désormais à 10,7 mds DA. En parallèle, les actions de sensibilisation menées auprès des banques partenaires ont nettement amélioré les performances de recouvrement : les montants récupérés sont passés de 154 millions DA en 2024 à 523 millions DA en 2025, soit un bond de 240%. Le directeur général de la CGCI-PME, Samir Medjkane, a souligné que ces résultats confirment l’engagement de l’organisme « à accompagner les établissements financiers, à faciliter l’accès des PME au crédit bancaire et à soutenir durablement la dynamique d’investissement créatrice de richesse et d’emplois en Algérie ».
Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte de renforcement plus large du dispositif national de garantie des crédits aux PME. Le Fonds de garantie des crédits aux PME (FGAR), autre pilier de ce dispositif public aux côtés de la CGCI-PME et du Fonds de caution mutuelle, a annoncé début 2026 l’élargissement de sa garantie aux crédits d’exploitation et non plus seulement d’investissement , avec des conventions signées ou en cours de signature auprès d’une quinzaine de banques partenaires, afin de renforcer davantage l’accompagnement financier des PME. Acteur central de ce dispositif national, la CGCI-PME couvre le risque de non-remboursement des crédits d’investissement accordés par les banques aux PME et TPE, qu’il s’agisse de création d’entreprise, de renouvellement d’équipements ou de développement de nouveaux produits, avec un plafond de garantie fixé à 250 millions DA pour un crédit maximal de 350 millions DA. Elle contribue ainsi à partager le risque bancaire et à favoriser la réalisation de projets créateurs de valeur pour l’économie nationale.
Samir Benisid

