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Propulsé par les tensions au Moyen-Orient : Le Brent repasse au-dessus de 91 dollars

Les cours du pétrole progressaient légèrement mais significativement mardi sur les marchés internationaux, le baril de Brent de la mer du Nord franchissant la barre des 91 dollars, porté par une conjonction de facteurs géopolitiques majeurs avec l’intensification des attaques houthies contre les infrastructures saoudiennes, le blocage persistant du détroit d’Ormuz et enlisement des négociations irano-américaines.  Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, prenait dans la matinée 0,23% à 91,08 dollars, consolidant les gains engrangés la veille. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en septembre, progressait plus nettement encore, gagnant 0,73% à 85,12 dollars le baril. « Le conflit entre l’Arabie saoudite et les Houthis soutenus par l’Iran au Yémen continue de s’intensifier », soulignent à l’AFP les analystes de DNB Carnegie, ce qui « tend davantage la situation sur le marché pétrolier ».  Au-delà du front yéménite, c’est le blocage du détroit d’Ormuz qui cristallise toutes les craintes. Ce passage stratégique, par lequel transite environ un cinquième des exportations mondiales d’hydrocarbures, est paralysé depuis le week-end dernier, immobilisant des méthaniers qataris chargés de gaz naturel liquéfié (GNL) et retardant des livraisons au comptant vitales. Le trafic commercial de matières premières à travers ce point de passage s’est pratiquement arrêté, selon plusieurs sources de marché.

Les négociations entre Washington et Téhéran semblent au point mort. Donald Trump a appelé lundi l’Iran à « hisser le drapeau blanc de la capitulation », tout en se disant « pas pressé » de mettre fin au conflit. L’Iran, de son côté, estime que le délai de négociation de soixante jours prévu par le protocole d’accord irano-américain de juin est « rendu caduc » par les « violations » commises par les États-Unis. Dans ce contexte, « une nouvelle escalade militaire ne peut pas être exclue », avertit Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management, même si Washington semble avoir « déplacé sa priorité de la pression militaire vers la pression économique sur l’Iran », ce qui ne présage pas d’une réouverture rapide du détroit à court terme.

Les répercussions se font sentir bien au-delà du brut. Les produits raffinés, également affectés par les frappes ukrainiennes contre les infrastructures pétrolières russes, enregistrent des hausses encore plus marquées. « L’écart de prix entre un baril de gazole et un baril de Brent brut a de nouveau dépassé 80 dollars », soit un surcoût de quelque 50 dollars supplémentaires par baril comparé au début du conflit, précise le même analyste.

Le gaz européen enchaîne une cinquième séance de hausse

La crise énergétique ne se limite pas au pétrole. Les prix du gaz naturel européen ont poursuivi mardi leur rallye haussier, enregistrant une cinquième séance consécutive de progression, leur plus longue série de gains quotidiens depuis fin juillet. Les contrats à terme néerlandais de référence pour le mois prochain gagnaient 1,8% à 62,8 euros par mégawattheure, tandis que les contrats équivalents sur le gaz naturel britannique en gros avançaient de 1,2% à 154,4 pence par therm.

La situation de l’approvisionnement en GNL est particulièrement préoccupante. Les opérateurs européens du secteur de l’énergie se retrouvent en concurrence directe et acharnée avec les acheteurs asiatiques, qui surenchérissent activement sur les cargaisons spot pour sécuriser leurs réserves hivernales. Une rivalité qui s’exerce dans un contexte de fragilité structurelle des stocks européens. Selon les données de Gas Infrastructure Europe, les cavernes de stockage souterrain de l’Union européenne ne sont remplies qu’à un peu plus de 60% de leur capacité, un niveau historiquement bas pour la mi-août. La combinaison de vagues de chaleur estivales persistantes, qui ont accru la demande d’électricité pour la climatisation, et d’un ralentissement des flux de GNL entrants a considérablement freiné le processus saisonnier d’injection. Les équipes de trading redoutent désormais que le bloc européen n’entre dans la saison de chauffe avec des réserves dangereusement insuffisantes, à moins que les flux physiques ne reprennent rapidement.

Samira Ghrib

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