Palestine occupée : Hamas réaffirme son engagement en faveur d’un accord à Ghaza
La situation dans les territoires palestiniens occupés demeure marquée, ce mardi, par une extrême gravité. Dans ce contexte, le mouvement de résistance palestinien Hamas a réaffirmé, par la voix de son porte-parole Hazem Qassem, son engagement en faveur d’un accord sur Ghaza, tout en pointant du doigt l’absence de réponse formelle de la partie israélienne. « Le Hamas s’engage à respecter ce processus convenu. Il est clair que, jusqu’à présent, la partie israélienne n’a pas donné aux médiateurs son accord formel sur la feuille de route », a-t-il déclaré à l’AFP, en référence au document publié en juillet dernier. Il a précisé que des « étapes » et un « calendrier » devaient encore être « définis plus en détail », tout en soulignant qu’il fallait « d’abord que les Israéliens approuvent la feuille de route » américaine. Ces déclarations interviennent après une rencontre rarissime, dimanche, entre la direction du Hamas et Jared Kushner, émissaire et gendre de Donald Trump, en Égypte, suivie lundi d’un entretien de ce dernier avec Benjamin Netanyahu à Al Qods occupée. À l’issue de cette rencontre, Jared Kushner a affirmé à la chaîne Fox News espérer un début de désarmement du Hamas d’ici « 30 jours », précisant que « cela nécessite la coopération des deux parties ». Sur le terrain, en Cisjordanie occupée, l’ONU a dénoncé les entraves persistantes imposées par l’occupation sioniste à l’accès humanitaire. Le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric, a indiqué que les équipes onusiennes ne pouvaient toujours pas accéder pleinement aux familles palestiniennes assiégées dans le village de Qusra, au sud de Naplouse, en raison de l’implantation de colonies de peuplement à proximité de leurs habitations et des restrictions imposées à la liberté de mouvement. Une équipe de l’UNICEF a néanmoins pu acheminer sur place eau, nourriture, médicaments et produits d’hygiène, ainsi que des kits destinés aux enfants, tandis que l’OCHA a fait état de trois familles toujours assiégées dans le village. M. Dujarric a par ailleurs rapporté que des agents municipaux mobilisés pour réparer les réseaux d’eau et d’électricité avaient été « attaqués par des colons », certains d’entre eux ayant en outre été « détenus par les forces de l’occupation ». De son côté, le vice-coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a insisté sur l' »urgence de protéger les civils, de préserver les habitations et les biens, et de garantir l’accès aux services essentiels », avertissant que la situation à Qusra ne devait pas devenir la « nouvelle normalité ». Le porte-parole onusien a également fait état de la persistance des préoccupations humanitaires liées aux frappes sionistes continues à Ghaza, ainsi que d’un déficit de financement menaçant les préparatifs de la saison des pluies, moins de 40% des quatre milliards de dollars nécessaires à l’aide humanitaire pour Ghaza et la Cisjordanie ayant été réunis cette année.
Cette dégradation humanitaire trouve un écho préoccupant dans le secteur agricole ghazaoui. Selon une étude conjointe de la FAO et du Centre satellitaire des Nations unies, seuls 3% des terres cultivables de la bande de Ghaza demeurent intactes et accessibles aux agriculteurs. La surface agricole exploitable et non endommagée est ainsi passée de 601 hectares en octobre 2025 à 448 hectares fin juin 2026, soit une chute de 25,5% en huit mois, tandis que la région de Rafah affiche un taux d’inaccessibilité dépassant 97%. « Sans mesures urgentes pour rétablir un accès sûr et fournir aux agriculteurs le soutien dont ils ont besoin, les possibilités de rétablir la production alimentaire locale continueront de s’amenuiser », a averti Rein Paulsen, responsable du bureau des situations d’urgence à la FAO.
Le système de santé ghazaoui n’est pas épargné, des sources médicales ayant mis en garde contre la panne des stations de production d’oxygène, résultant de l’interdiction sioniste d’introduire pièces de rechange et équipements techniques. Soixante-douze unités de soins intensifs, cinquante-quatre unités néonatales et dix-neuf unités pédiatriques sont directement menacées, dans un contexte où les stations encore fonctionnelles tournent au-delà de leur capacité. Sur le plan humain, le bilan de l’agression génocidaire sioniste continue de s’alourdir, avec 73.400 martyrs et 174.312 blessés recensés depuis octobre 2023, dont un nouveau martyr enregistré au cours des dernières vingt-quatre heures, alors que de nombreuses victimes demeurent toujours sous les décombres.
L.S.

