Jeux Méditerranéens de Tarente 2026 : L’Algérie ambitionne d’aller plus loin qu’à Oran
Le premier contingent de la délégation sportive algérienne a posé le pied mercredi à Tarente, à bord d’un vol spécial venu d’Alger, inaugurant ainsi la participation à la 20e édition des Jeux méditerranéens qui se tiendront jusqu’au 3 septembre. Composé de 73 athlètes évoluant dans des disciplines individuelles comme la natation, la boxe et la lutte associée, ce groupe est accompagné des sélections nationales de handball et de volleyball. D’autres vols suivront les 20 et 26 août pour acheminer l’ensemble de l’effectif algérien vers la ville portuaire des Pouilles.
Au total, ce sont 248 athlètes, 151 messieurs et 97 dames, qui porteront les couleurs nationales dans 27 disciplines sur les 33 inscrites au programme officiel de ces Jeux réunissant 26 comités nationaux olympiques. En y ajoutant 76 responsables et entraîneurs ainsi que 10 arbitres, l’effectif global de la délégation grimpe à 334 personnes, un chiffre qui traduit l’ampleur de l’engagement algérien pour ce rendez-vous continental.
L’âge moyen des athlètes sélectionnés se situe autour de 24,7 ans, une donnée qui rassure quant au potentiel de la relève tout en confirmant la présence de plusieurs éléments confirmés. Le président du Comité olympique et sportif algérien, Abderrahmane Hammad, n’a pas caché que « la mission ne sera pas facile », lors de la conférence de presse organisée avant le départ de la délégation, insistant sur la montée en puissance générale du niveau des Jeux méditerranéens d’une édition à l’autre. Il a également rappelé que les résultats obtenus à Oran en 2022 demeurent une référence pour la participation algérienne à Tarente, aussi bien en nombre de participants qu’en niveau de performance attendu.
Espoirs de médailles
Selon le COA, l’athlétisme, la gymnastique et la boxe figurent parmi les disciplines les plus prometteuses pour la moisson algérienne. Plusieurs noms connus du grand public seront à surveiller de près à Tarente, à commencer par la championne olympique de gymnastique Kaylia Nemour, le demi-fondiste Djamel Sedjati sur 800 mètres, le spécialiste du triple saut Mohamed Yasser Triki, le nageur Jaouad Syoud et le judoka Messaoud Dris. Ces têtes d’affiche devront composer avec une concurrence méditerranéenne dont la densité ne cesse de croître, mais leur expérience internationale nourrit les attentes placées en eux.
La répartition des effectifs par discipline donne une idée de la diversité de l’engagement de nos athlètes. L’athlétisme et le tir sportif alignent chacun 17 représentants, les luttes associées 14, la boxe 12 pugilistes dont six dames, le judo et la gymnastique 12 athlètes chacun. L’escrime, le karaté, l’aviron, le badminton, le cyclisme, la pétanque et le canoë kayak complètent un tableau individuel fourni, tandis que le tennis de table, la natation, la raffa, le taekwondo, l’haltérophilie et le roller skateboard viennent élargir encore la palette. Côté collectifs, quatre disciplines seront représentées, le handball avec ses deux sélections masculine et féminine pour 28 athlètes, le volleyball avec 24 joueurs et joueuses, le basketball 3×3 avec 17 athlètes et le football à travers la sélection U21 masculine forte de 18 joueurs.
L’héritage des champions
Cette 16e participation algérienne aux Jeux méditerranéens s’appuie sur un palmarès de 293 médailles glanées depuis les premiers pas de l’Algérie à Tunis en 1967, dont 86 titres, 76 médailles d’argent et 131 de bronze. Aucun athlète algérien n’a marqué l’histoire de cette compétition autant que l’ancien nageur Salim Iles, auteur de cinq titres méditerranéens et d’une médaille d’argent, glanés entre les Jeux de Bari en 1997 et ceux d’Almeria en 2005. L’haltérophile Abdelmounaim Yahiaoui le suit avec neuf médailles au total dont trois en or, décrochées entre 1987 et 1997, devant l’ancienne championne olympique et mondiale Hassiba Boulmerka, quadruple médaillée dont trois titres obtenus sur 800 et 1.500 mètres à Athènes en 1991 puis à Languedoc-Roussillon en 1993.
La famille Morceli occupe elle aussi une place particulière dans cette mémoire collective, Noureddine ayant décroché l’or sur 1.500 mètres en 1993 quand son frère aîné Abderrahmane avait déjà inscrit son nom au palmarès dès 1979. En judo, Abdelhakim Harkat complète ce tableau d’honneur avec deux titres remportés dans la catégorie des moins de 65 kilos. Autant de références qui pèsent sur les épaules de la nouvelle génération, appelée à perpétuer cette tradition de résultats à Tarente.
Oran 2022 comme boussole
La meilleure performance algérienne dans l’histoire des Jeux méditerranéens reste celle d’Oran en 2022, où la délégation nationale avait décroché 53 médailles, dont 20 en or, 17 en argent et 16 en bronze, synonymes de quatrième place au classement général et de meilleur résultat historique. C’est cette dynamique que le COA entend prolonger à Tarente, dans un contexte logistique particulier puisque les athlètes seront hébergés à bord de deux navires stationnés dans une base militaire de la ville hôte.
La délégation algérienne sera conduite par Zoubida Bouyacoub, tandis que l’honneur de porter le drapeau national lors de la cérémonie d’ouverture, prévue vendredi soir, reviendra à l’escrimeuse Zahra Kahli et au volleyeur Mohamed Walid Abi Ayad. Un symbole fort pour donner le coup d’envoi d’une quinzaine où l’Algérie espère confirmer, une nouvelle fois, sa place parmi les nations méditerranéennes les plus performantes.
Moncef Dahleb

