Face aux risques des inondations : Le dispositif de prévention fortement renforcé à Khenchela
À l’approche de la saison automnale, les services de l’hydraulique de la wilaya de Khenchela renforcent leur dispositif préventif pour réduire les risques liés aux fortes précipitations et aux éventuelles crues. Une mobilisation qui prend une importance particulière au lendemain des perturbations pluviométriques ayant affecté plusieurs régions de l’Est, rappelant la nécessité d’anticiper les épisodes météorologiques intenses et de garantir la disponibilité des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.
La wilaya de Khenchela engage ainsi une série d’actions de terrain et de mesures administratives dans le cadre d’un plan préventif destiné à faire face aux risques d’inondations et aux fluctuations météorologiques attendues durant l’automne. Il est à souligner qu’un programme d’intervention couvrant le dernier trimestre de l’année a fait état de la mobilisation de moyens humains et matériels importants pour assurer le curage et l’entretien des réseaux et ouvrages hydrauliques. L’unité de Khenchela de l’Office national de l’assainissement (ONA) a été chargée de procéder au nettoyage régulier des cours d’eau, des exutoires, des avaloirs et des réseaux d’assainissement. Le programme prévoit notamment le nettoyage de 1 000 avaloirs, 500 exutoires et leurs conduites de raccordement, ainsi que 35 000 mètres linéaires de réseaux d’assainissement et 6 000 mètres linéaires d’ouvrages de protection. En parallèle de ses interventions quotidiennes, l’ONA mène une campagne intensive mobilisant les centres de Khenchela, d’Ouled Rechache et de Chachar pour nettoyer les ouvrages d’assainissement à travers les différents quartiers de la ville. L’opération cible en priorité les points de stagnation des eaux pluviales et les axes empruntés par les ruissellements, avec la volonté d’inscrire ces interventions dans la durée et d’éviter que les réseaux ne soient pris de court lors des fortes précipitations.
La démarche repose également sur un travail d’identification des zones à risque. Les chefs de daïra de la wilaya, ainsi que les services de l’ONA, ont été destinataires, le 30 juillet dernier, d’instructions pour établir un recensement exhaustif des « points noirs » et des secteurs les plus exposés aux ruissellements, aux inondations et aux obstructions des réseaux en période de pluie. L’objectif est d’élaborer une cartographie à l’échelle de la wilaya permettant de hiérarchiser les interventions, de programmer des opérations périodiques et exceptionnelles de curage, et de déclencher rapidement des interventions d’urgence dès l’émission de bulletins météorologiques d’alerte. Des moyens conséquents ont été mobilisés à cet effet, notamment au niveau de l’Algérienne des eaux (ADE), avec 3 engins de terrassement et de transport, 2 camions, 3 véhicules utilitaires et du matériel de réparation, auxquels s’ajoutent les équipements de l’ONA, dont 6 camions et 4 camions hydrocureurs. Le dispositif humain comprend également 7 cadres, 22 agents d’exploitation et 3 agents spécialisés dans le contrôle.
Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des opérations déjà réalisées depuis le début de l’année. Entre janvier et juillet, l’unité de l’ONA de Khenchela a effectué pas moins de 2 471 interventions, ayant permis de nettoyer 4 981 avaloirs, 3 003 exutoires et 416 descentes d’eaux pluviales, ainsi que 52 905 mètres linéaires de réseaux d’assainissement.
Contraintes
Les services de l’hydraulique ont également engagé plusieurs opérations pour résorber les insuffisances des réseaux dans les communes confrontées à l’extension urbaine et à l’absence ou à l’insuffisance de systèmes d’évacuation des eaux usées et pluviales. À Kaïs, des travaux de renouvellement et d’extension du réseau d’assainissement du quartier du 8-Mai-1945 ont été réalisés, tandis qu’une opération portant sur le collecteur principal du nouveau pôle urbain a été inscrite. Le réseau du quartier de la Coopérative a également été achevé, et une opération de réalisation d’un réseau d’eaux pluviales au quartier El Aoufia est en cours d’évaluation des offres. Une autre opération a été proposée pour le quartier Chibati Ali. À Taouzianet, la réalisation du réseau du quartier El Mezdour a également été prise en charge. À El Hamma, un projet de réseau des eaux usées au niveau de l’agglomération de Roknia a été proposé, et le cahier des charges relatif au réseau d’assainissement de la zone des « Hadhaïr » a été préparé. À Baghai, l’absence de réseau d’assainissement au quartier Daoudi-Abdelhamid a également été relevée.
Cependant, plusieurs contraintes continuent de compliquer les interventions. Le rejet anarchique des déchets et des gravats issus des constructions publiques et individuelles dans les ouvrages de protection et les voies naturelles d’écoulement des eaux pluviales figure parmi les principales difficultés. Ces pratiques peuvent provoquer l’obstruction des avaloirs et des canaux, entraver l’écoulement naturel des eaux et, dans certains cas, entraîner leur débordement et provoquer des inondations. Le dépôt de sable et de gravier aux abords des routes constitue également une source d’obstruction des avaloirs, des exutoires et des réseaux d’assainissement. À cela s’ajoutent les actes de vol affectant certaines installations hydrauliques et l’extension urbaine rapide, dont les nouveaux réseaux sont parfois raccordés à d’anciens ouvrages aux capacités insuffisantes pour absorber les volumes d’eau générés lors des épisodes pluvieux intenses.
Zakia Merabet

