Le Mouloudia remet sa couronne en jeu : La Ligue 1 Mobilis reprend ses droits
La Ligue 1 Mobilis reprend ses droits jeudi avec un MC Alger triple tenant du titre qui aborde cette nouvelle saison entre stabilité affichée et dossiers de recrutement toujours en suspens.
Le championnat d’Algérie de football version 2026-2027 s’apprête à démarrer ce week-end avec seize clubs sur la ligne de départ, parmi lesquels trois promus, la JS El Biar, le CR Témouchent et l’US Biskra, bien décidés à s’installer durablement dans l’élite. Sur la grille figurent des ambitions à géométrie variable, entre volonté de faire tomber l’hégémonie du Mouloudia, quête d’une place qualificative pour une compétition continentale ou simple objectif de maintien pour les nouveaux venus.
Sacré à trois reprises consécutives, le MC Alger entend prolonger sa domination sur le football national. Reconduit à la tête de la barre technique, l’entraîneur tunisien Khaled Ben Yahia a lancé sa préparation début juillet au centre de regroupement de Zéralda avant d’emmener son groupe en Autriche pour une deuxième phase de stage jugée déterminante. Sur place, le Doyen a livré trois sorties amicales de bon niveau, avec un nul concédé face aux Sud-Africains de Mamelodi Sundowns, tenants du titre continental, puis une victoire probante contre les Saoudiens d’Al Hilal grâce à des buts de Sofiane Bayazid et Mohamed Benkhemassa. Une dernière opposition face à Al Shabab a clôturé ce passage autrichien avant que la délégation ne s’envole pour Doha, où elle a affronté le champion du Qatar Al Saad SC dans une rencontre de prestige.
Sur le plan du recrutement toutefois, l’intersaison du club algérois n’a pas suivi le rythme escompté par ses supporters. Après l’échec du retour tant espéré de Youcef Belaïli, dont le feuilleton s’est étiré durant de longues semaines avant de tourner court, la direction mouloudéenne a dû revoir ses plans. Selon les déclarations récentes du manager général et porte-parole du club Djamel Benlamri, plusieurs dossiers de renforcement restaient encore à l’étude à quelques jours seulement du coup d’envoi, un attentisme qui a nourri une certaine grogne du côté des tribunes. Le président Hakim Hadj Redjem a par ailleurs profité du déplacement à Doha pour croiser l’international algérien Adam Ounas, longtemps annoncé comme une piste pour renforcer l’entrejeu.
En attendant d’éventuels renforts de dernière minute, le club a tout de même enregistré cinq arrivées, avec Ben Ahmed Kohili et Mohamed Islam Abdelkader en provenance du Paradou AC, Marouane Mehdaoui recruté à l’Olympique Akbou, Siriman Konaté et le Burundais Mossi Nduwumwe venu de Tanzanie. De quoi permettre au champion sortant d’aborder cette nouvelle campagne avec un socle suffisant, même si la marge par rapport à une concurrence elle aussi mobilisée reste à confirmer sur le terrain.
Une course au titre très disputée
Car la course au titre s’annonce disputée. L’USM Alger, portée par le Sénégalais Lamine N’diaye et auteur d’un doublé Coupe de la Confédération et Coupe d’Algérie la saison passée, vise ouvertement une neuvième couronne qui lui échappe depuis 2019. Le CR Belouizdad, confié au Tunisien Nabil Maâloul, a mené l’un des mercatos les plus offensifs du championnat, avec les arrivées de Koceila Boualia, Sofiane Bouchar, Yousri Bouzok ou encore Franck Mbella Etouga, un chantier de reconstruction accompagné d’un stage structuré à Tabarka et d’une nouvelle gouvernance confiée à Mohamed Arar et Djaber Naâmoune.
Deuxième du précédent exercice, la JS Saoura tentera de confirmer sa progression malgré la perte de plusieurs éléments clés et un changement à la tête du banc, où l’ancien sélectionneur Lotfi Boudraâ a succédé à Abdelkader Amrani. La JS Kabylie espère de son côté un rebond après une saison décevante, sous la conduite du technicien Karim Belhocine, tandis que le club a profité de la levée d’une sanction FIFA pour intensifier ses discussions, notamment avec l’ancien international Rachid Ghezzal, libre de tout contrat.
Derrière ce quatuor de prétendants, plusieurs formations comptent bousculer la hiérarchie. Le MC Oran a rapidement dévoilé ses ambitions avec l’arrivée d’Ismaïl Saâdi, Ahmed Ghennam, Edlin Randy Essang Matouti et Houari Baouche. L’ES Sétif a opté pour l’école égyptienne en confiant son banc à Mohamed Yahia Mahmoud Sedki, tout en recrutant le gardien international Alexandre Oukidja, libre après son passage au FC Metz. Le CS Constantine, demi-finaliste de la dernière Coupe d’Algérie, a lui misé sur le Tunisien Mondher Kebaier pour poursuivre sa progression.
La LFP durcit les règles
À noter enfin un durcissement du cadre réglementaire cette saison, la Ligue de football professionnel ayant exigé de chaque recrue étrangère de justifier d’au moins cinq sélections officielles avec une sélection nationale entre 2024 et 2026, une mesure qui a sensiblement changé la physionomie du marché des transferts et orienté plusieurs clubs vers des profils formés en Europe.
Pour les trois promus, la priorité reste avant tout de se maintenir parmi l’élite tout en profitant des occasions pour créer la surprise. Dans un championnat où la marge entre les prétendants au titre semble s’être resserrée, le MC Alger part malgré tout favori grâce à son expérience du haut niveau, mais devra composer avec des rivaux visiblement mieux armés que par le passé pour espérer conserver son bien jusqu’au terme de la saison.
Moncef Dahleb
