Skikda : Mise en exploitation d’un parking à étages de 600 places
Près de 100 milliards de centimes investis, cinq niveaux, une capacité annoncée de près de 600 véhicules et une vingtaine de locaux commerciaux, le parking à étages de Salah Boulkeroua arrive aujourd’hui à un tournant. La commune de Skikda vient de remettre les clés de cette importante infrastructure à la Sarl Activités PP, retenue à l’issue d’une enchère publique.
Conclu pour dix ans, le contrat ouvre la voie à l’exploitation d’un équipement dont la vocation prend une dimension particulière dans une ville où la question des places de stationnement reste récurrente. En effet, le nouvel exploitant a officiellement pris possession des lieux après la signature du contrat par le président de l’APC de Skikda et le gérant de la Sarl Activités PP. Cette étape met fin à une période d’attente autour d’un ouvrage achevé mais dont la mise en exploitation avait tardé à se concrétiser. Pour rappel, la commune avait déjà tenté de louer l’infrastructure en 2025. La procédure avait toutefois été reportée, l’offre soumise à l’époque n’ayant pas été jugée suffisamment rentable. Une nouvelle démarche a finalement abouti à la sélection d’un opérateur, permettant à l’APC de donner une issue au dossier. L’intérêt de cette infrastructure tient d’abord à ses dimensions. Implanté à Salah Boulkeroua, face à l’ancien Souk El Fellah, le bâtiment propose près de 600 places sur 5 niveaux. À l’échelle d’une ville où l’automobiliste éprouve régulièrement des difficultés à trouver un emplacement, cette capacité constitue une offre de stationnement qui mérite d’être observée avec attention. Le problème dépasse en effet le seul périmètre du parking. Dans le centre-ville, dans plusieurs quartiers et sur différentes artères, les emplacements disponibles sont soumis à une forte demande. Cette situation donne lieu à des stationnements sur les trottoirs, en double file ou dans des espaces qui ne sont pas destinés à cet usage, avec les désagréments que cela peut entraîner pour les déplacements et la circulation. C’est précisément dans ce contexte que l’entrée en exploitation du parking de Salah Boulkeroua revêt un intérêt particulier. Il ne s’agit pas de présenter d’emblée l’ouvrage comme une solution définitive à la crise du stationnement, mais de constater qu’une infrastructure de cette capacité vient désormais s’ajouter à l’offre existante. Son utilisation effective permettra de mesurer sa place dans le dispositif de stationnement de la ville. Le site ne se limite d’ailleurs pas à sa fonction de parking. Une vingtaine de locaux commerciaux sont intégrés à l’équipement. Cette composante commerciale fait partie du projet d’exploitation confié au nouveau locataire et ajoute une activité à un ouvrage conçu autour du stationnement automobile. Pour la commune, l’opération répond également à un objectif patrimonial et financier. La location sur une période de dix ans doit permettre de tirer des recettes d’un équipement réalisé sur fonds publics, tout en assurant son exploitation par un opérateur privé. La commune devra désormais suivre les conditions de fonctionnement de l’ouvrage et l’usage qui en sera fait. L’enjeu est donc désormais très concret. Après les difficultés rencontrées lors de la première procédure de location, le parking dispose d’un exploitant et peut entrer dans sa phase opérationnelle. Pour les habitants et les automobilistes, l’attente porte surtout sur les conditions dans lesquelles les près de 600 places seront accessibles et utilisées. Dans la ville de Skikda, la question du stationnement ne peut cependant être réduite à la mise en service d’un seul équipement. L’étendue de la problématique dans les quartiers, le centre-ville et les principales artères pose la nécessité d’une offre diversifiée et organisée. Toutefois, le parking de Salah Boulkeroua constitue, à ce titre, une pièce supplémentaire dans un dossier urbain qui demeure beaucoup plus vaste. Après avoir longtemps attendu son exploitant, l’infrastructure entre donc dans une nouvelle phase. Avec ses cinq niveaux et sa capacité annoncée de près de 600 véhicules, elle dispose désormais des moyens matériels pour remplir sa fonction première. C’est à l’usage, et non sur le papier, que se mesurera désormais sa véritable contribution au problème du stationnement à Skikda.
Sofia Chahine

