Pétrole : L’OPEP+ devrait maintenir sa politique de production
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) devraient reconduire sans changement leur politique de production pour le mois d’octobre lors d’une réunion prévue dimanche, selon trois sources proches du dossier citées par l’agence Reuters, alors que le groupe achève le démantèlement d’un premier volet de réductions de production et se tourne désormais vers les négociations de quotas pour 2027. Cette réunion intervient dans un contexte où la guerre en Iran continue de perturber les exportations pétrolières transitant par le détroit d’Ormuz, réduisant d’autant l’influence de l’OPEP+ sur les prix et les parts de marché, selon Reuters. Contrairement aux précédents cycles, les décisions du groupe en matière d’approvisionnement ont désormais un impact plus limité sur le marché.
Sept membres clés de l’OPEP+, à savoir l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, l’Algérie, le Kazakhstan et Oman, doivent participer à cette rencontre en ligne, dont le début est attendu à 11h00 GMT, selon deux des sources citées par Reuters. Ces pays ont relevé leurs quotas de production mensuels pendant la majeure partie de l’année dans le cadre du démantèlement progressif de leurs coupes volontaires. Dans les faits toutefois, la production réelle est restée en retrait par rapport aux hausses de quotas planifiées, les conflits en Iran et en Ukraine ayant perturbé les exportations en provenance du Golfe, de Russie et du Kazakhstan.
La hausse actée début août avait permis d’achever le démantèlement progressif d’une coupe de production de 1,65 million de barils par jour, initialement décidée en 2023, à une époque où le groupe comptait encore les Émirats arabes unis parmi ses membres, avant leur départ de l’OPEP en mai. L’OPEP+, qui réunit vingt et un pays, maintient toutefois un autre volet de réductions de production, applicable à la majorité de ses membres jusqu’à la fin de l’année 2026. Le groupe procède par ailleurs à un examen des capacités de production de ses membres afin de déterminer les niveaux de référence pour 2027, sur lesquels seront calculés les futurs quotas.
Quotas 2027 : des négociations qui s’annoncent complexes
Un rapport devrait être remis à l’OPEP fin septembre, selon l’une des sources de Reuters, ouvrant la voie à des négociations qui s’annoncent délicates avant la fixation de nouveaux quotas lors de la réunion de fin d’année. Plusieurs membres, dont l’Irak, réclament des quotas plus élevés reflétant leurs capacités de production accrues, tandis que le Venezuela envisagerait, selon des informations relayées par Bloomberg, une possible sortie de l’organisation. Sur les marchés, cette réunion se tient dans un climat de tension extrême. Les cours du pétrole ont clôturé en légère hausse vendredi, les opérateurs cherchant encore à évaluer l’ampleur des conséquences de l’escalade entre l’Iran et les États-Unis sur les flux transitant par le détroit d’Ormuz. Le baril de Brent pour livraison en novembre a progressé de 0,80 %, à 96,28 dollars, portant sa hausse hebdomadaire à près de 8 %, tandis que le baril américain WTI a gagné 0,20 %, à 91,48 dollars. Les analystes d’ING ont estimé que « l’escalade soutient actuellement le brut, mais le rallye pourrait perdre de son élan si les expéditions via Ormuz continuent de se dérouler sans encombre », tandis que Barbara Lambrecht, de Commerzbank, a jugé que « les rapports sur le transit pétrolier via le détroit d’Ormuz ne dressent pas un tableau clair de la situation ». Les opérateurs attendent la semaine prochaine une série de publications susceptibles d’éclaircir la situation, dont les mises à jour mensuelles de l’Agence américaine d’information sur l’énergie et de l’OPEP, ainsi que les chiffres des importations chinoises de brut.
Samira Ghrib

