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Sommet des BRICS : Guterres plaide pour une ONU en phase avec un monde devenu multipolaire

Depuis le sommet des BRICS à New Delhi, le Secrétaire général de l’ONU a exhorté dimanche la communauté internationale à réformer ses institutions héritées de 1945, alertant sur le creusement des inégalités liées à l’intelligence artificielle et appelant à préserver un multilatéralisme profitable à tous. António Guterres a saisi la tribune du sommet des BRICS, réuni ce week-end dans la capitale indienne, pour plaider en faveur d’une refonte des institutions onusiennes. Le chef de l’ONU a estimé que le monde ne correspondait plus à celui qui avait vu naître ces structures au sortir de la Seconde Guerre mondiale, et que l’architecture institutionnelle actuelle devait désormais épouser les nouveaux équilibres économiques, démographiques et géopolitiques. Il a évoqué une bascule progressive vers un ordre mondial multipolaire, appelant dans la foulée à une réforme du Conseil de sécurité ainsi que du système de Bretton Woods, ce dispositif économique mis en place en 1944 pour encadrer l’économie planétaire d’après-guerre.

Le rendez-vous annuel des BRICS, ce groupe de nations émergentes dont l’acronyme renvoie à ses membres fondateurs que sont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, a rassemblé à New Delhi les dirigeants d’une dizaine de pays. Devant cette assemblée, le Secrétaire général a invité les membres du groupe à s’investir dans la construction d’un système multilatéral apte à porter une croissance mondiale plus équitable. Il a notamment réclamé des banques multilatérales de développement dotées de moyens renforcés et d’une plus grande audace, capables d’attirer davantage de capitaux privés tout en élargissant les financements à taux préférentiels destinés aux pays en développement. Guterres a également plaidé pour une architecture de la dette repensée en faveur du développement, assortie de dispositifs d’allègement réellement opérants.

L’intelligence artificielle a occupé une place centrale dans son intervention. Le patron de l’ONU a mis en garde contre le risque de voir cette technologie amplifier les fractures existantes, jugeant qu’elle pourrait condenser en quelques années des progrès habituellement étalés sur plusieurs décennies. Il a pointé la concentration de cette puissance entre les mains d’un cercle restreint d’acteurs privés et étatiques, avertissant que l’absence de régulation risquait d’aggraver les écarts de revenus, d’opportunités, de sécurité et de souveraineté entre nations. Il a exhorté les pays du groupe à s’engager pleinement aux côtés du nouveau panel scientifique international indépendant et du dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, tout en soutenant les efforts destinés à doter les pays les moins équipés d’infrastructures numériques, de données et de compétences techniques.

Sur le volet climatique, Guterres a appelé à accélérer le basculement des énergies fossiles vers les renouvelables, à limiter les émissions de méthane et à préserver les écosystèmes naturels, insistant sur la nécessité d’amplifier les financements climatiques destinés aux pays en développement, en particulier pour l’adaptation et la réparation des pertes subies.

Abordant enfin les crises à Ghaza, en Ukraine et au Soudan, le Secrétaire général a réclamé le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, exhortant l’ensemble des États à préserver un ordre multilatéral bénéfique à tous, à l’heure où le monde s’oriente selon lui vers une multipolarité désormais irréversible.

R.I.

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