Les Houthis du Yémen annoncent une nouvelle attaque contre une base saoudienne
Entre frappes revendiquées contre l’Arabie saoudite, alertes d’attaques dans le sud du royaume et exode de dizaines de milliers de civils, la situation continue de se détériorer au Yémen, où les combats entre forces gouvernementales et rebelles houthis se sont intensifiés depuis juillet. Les rebelles houthis ont annoncé dimanche avoir mené une opération contre une base militaire située dans le sud de l’Arabie saoudite, pays qui apporte son soutien aux forces gouvernementales yéménites. Selon le porte-parole militaire du mouvement, Yahya Saree, cette action, menée à l’aide de drones et de missiles, visait des dépôts d’armes ainsi que des centres de commandement situés sur la base de Sharurah, non loin de la frontière yéménite. Aucune précision n’a été apportée quant à la date exacte de cette opération.
Dans la foulée, les autorités saoudiennes ont émis une brève alerte concernant un risque d’attaques dans deux zones du sud du royaume, à Abha et dans la région de Khamis Mushait, secteurs déjà visés au cours des derniers jours par les combattants houthis. Cette alerte a toutefois été levée peu de temps après par les services de la Défense civile.
De son côté, la chaîne Almasirah, proche des Houthis, a rapporté des frappes attribuées à l’aviation saoudienne ainsi que des tirs d’artillerie dans plusieurs districts de la province de Saada, dans le nord du Yémen. Cette région frontalière avec l’Arabie saoudite constitue l’un des bastions historiques du mouvement rebelle.
Les Houthis, qui contrôlaient déjà une large partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa et la ville de Hodeida, ont réalisé une progression rapide vers la côte ces derniers jours. Ils se sont emparés jeudi de la ville portuaire de Mokha, avant d’étendre leur contrôle sur le littoral et les îles de la mer Rouge, consolidant ainsi leur position sur le détroit de Bab el-Mandeb, point de passage stratégique pour le trafic maritime en direction du canal de Suez.
Cette intensification des hostilités a provoqué d’importants mouvements de population. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, environ 86 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du Yémen en raison de la reprise des combats depuis juillet, soit une hausse de 10 000 personnes en une seule journée. La région de Taëz demeure la plus touchée, avec près de 56 000 déplacés recensés. Par ailleurs, les autorités djiboutiennes ont fait état de l’arrivée de quelque 1 400 réfugiés yéménites sur leur territoire au cours des dernières 24 heures, fuyant l’aggravation de la situation sécuritaire dans leur pays, déjà considéré comme le plus pauvre du monde arabe.
L.S.

