L’Algérie accueille la 10e édition du Mois de l’amnistie : Alger consacrée capitale africaine du combat pour faire taire les armes
L’Union africaine a choisi Alger pour porter, cette semaine, l’un de ses combats les plus sensibles, celui de la réduction des armes légères qui alimentent depuis des décennies l’instabilité du continent. La capitale algérienne accueille depuis lundi et jusqu’à mardi la 10e édition du Mois de l’amnistie en Afrique, une reconnaissance directe du rôle que joue le pays dans les dossiers de paix et de sécurité continentale. Le président du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour le mois de septembre, l’ambassadeur Hervé Djokpe, a expliqué que ce choix découle de « l’expérience pionnière » de l’Algérie dans la promotion de la paix sur le continent. Le représentant du Bénin a précisé que l’organisation de la rencontre à Alger vise à « tirer parti de son expertise dans le désarmement et le contrôle des armes légères et de petit calibre » et à « renforcer les efforts en faveur d’une paix durable en Afrique ». Cette expertise algérienne a également été saluée par l’envoyée spéciale de l’UA pour les femmes, la paix et la sécurité, Liberata Mulamula, qui a estimé que cette édition marque « une étape importante dans les efforts collectifs visant à faire taire les armes et à bâtir une Afrique sûre et prospère ». Elle a rappelé que l’initiative a évolué au fil de la dernière décennie « afin d’encourager la restitution volontaire des armes et de soutenir les efforts de collecte régionaux et continentaux », insistant au passage sur le rôle des femmes dans la prévention des conflits. D’autres intervenants ont mis en garde contre la persistance de la menace. Le secrétaire exécutif du Centre régional sur les armes légères et de petit calibre, Jean-Pierre Betindji, a averti que « la persistance de leur circulation et la facilité d’accès à ces armes demeurent parmi les principaux défis auxquels sont confrontées la paix et la sécurité en Afrique ». Il a appelé à harmoniser les législations entre pays africains et à mobiliser les technologies nouvelles, dont l’intelligence artificielle, pour atteindre les objectifs de l’initiative d’ici 2030.
C’est justement à ce rendez-vous de 2030 que la participation algérienne a été rattachée par le représentant de la Capacité régionale de l’Afrique du Nord, Rabah Cherifi, pour qui l’implication du pays « illustre son engagement en faveur de l’initiative du continent visant à faire taire les armes d’ici 2030, à consolider la paix et la sécurité, et à réaliser le développement durable dans la région ». La directrice adjointe du Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique, Mariame Camara, a de son côté insisté sur la nécessité de prolonger les programmes d’amnistie par des mesures concrètes de destruction des armes collectées, plaidant pour une meilleure coordination des efforts régionaux et internationaux contre le trafic d’armes.
Reçus à l’hôtel El Aurassi par le secrétaire d’Etat chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib, les participants ont ainsi confirmé, à travers leurs prises de parole, que l’Algérie s’affirme comme un partenaire incontournable de l’Union africaine dans la bataille contre la prolifération des armes légères, une bataille dont l’enjeu dépasse le seul désarmement pour toucher à la stabilité et au développement de tout le continent.
Massinissa Raïs

