Économie

Lait infantile : Un accord signé entre Giplait et Bellakt 

Le groupe public Giplait a signé mardi à Alger un protocole d’accord avec la société biélorusse Bellakt, ouvrant la voie à la création d’une joint-venture pour la production de lait infantile en Algérie, selon un communiqué du groupe laitier diffusé mercredi. Ce rapprochement intervient au lendemain d’une audience tenue au ministère de l’Industrie, où Farid Kourtel a affiché, aux côtés de la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels Nacima Arhab, la disponibilité de son secteur à accompagner le volet lait infantile du mégaprojet qatari « Baladna ». Deux initiatives, deux partenaires, un même objectif, mettre fin à une dépendance totale aux importations dans un segment jugé stratégique pour la sécurité sanitaire des nourrissons.

Le protocole avec Minsk a été paraphé par la PDG de Giplait, Samah Lahlouh, et le directeur général de Bellakt, Lupik Vitaly, en présence de cadres des deux entreprises et d’une représentante du ministère biélorusse de l’Agriculture. Selon le communiqué, la cérémonie s’inscrit « dans le cadre de la poursuite des discussions entre les deux parties en vue de concrétiser le projet de production de lait infantile et d’élaborer le plan d’action de la future joint-venture ». La délégation biélorusse a par ailleurs pu « constater la qualité et la diversité des produits du groupe Giplait », précise la même source. Ce rapprochement prolonge les contacts noués depuis le forum d’affaires algéro-biélorusse de décembre dernier, quand une délégation économique conduite par le ministre de l’Agriculture biélorusse, accompagnée de responsables de Bellakt, avait visité la laiterie de Rouiba. Le pari est celui d’un transfert de savoir-faire technologique depuis une entreprise dont l’expertise en nutrition infantile est reconnue à l’échelle internationale, pour une fabrication entièrement réalisée sur le sol national.

De son côté, le dossier qatari a franchi une nouvelle étape mardi au ministère de l’Industrie, en présence de responsables de UCC Holding, filiale de Power International Holding, du président du conseil d’administration de Baladna Algérie, de l’ambassadeur du Qatar à Alger Abdulaziz Ali Al-Naama et du PDG du groupe public Madar. Un enjeu stratégique explique cet activisme pour attirer les investissements dans ce segment particulier. L’Algérie reste l’un des tout premiers importateurs mondiaux de poudre de lait, avec des achats annuels avoisinant 600 000 tonnes, dont près de 180 000 tonnes pour le lait subventionné vendu en sachet et environ 200 000 tonnes absorbées par les laiteries privées, auprès de fournisseurs comme l’Argentine, l’Uruguay ou la Nouvelle-Zélande. Le seul segment du lait infantile, importé jusqu’ici à 100 %, pèse plus de 100 millions de dollars par an sur la facture alimentaire du pays. Au-delà de la facture à l’import, la fabrication locale de l :ait infantile est devenu un enjeu de sécurité sanitaire et alimentaire, d’autant plus qu’il touche à un segment vulnérable de la population.

Ces deux partenariats s’ajoutent à un troisième front, celui des unités industrielles locales d’Aïn Boucif, El Harrach et Timokten, dont la montée en puissance progressive vise, au-delà de l’autosuffisance, une éventuelle ouverture vers les marchés régionaux. L’Algérie cherche ainsi à sécuriser l’approvisionnement des familles algériennes en lait infantile tout en allégeant la pression sur ses réserves de change.

Amar Malki

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