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Lait infantile « made in Algeria » : Le projet Balana accélère

Le ministre de l’Industrie Farid Kourtel a reçu mardi à Alger une délégation qatarie de haut rang conduite par le patron du groupe Power International Holding. Au menu de cette rencontre, l’accélération du projet Baladna de production de lait infantile, un dossier suivi de près par le gouvernement qui espère alléger une facture d’importation restée lourde pendant des décennies.

Le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, a affiché mardi la disponibilité de son secteur à accompagner le volet lait infantile du projet algéro-qatari « Baladna », lors d’une audience conjointe avec la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nacima Arhab, reçue à une délégation qatarie de haut niveau conduite par le PDG du groupe « Power International Holding », Ramez Al-Khayyat, indique un communiqué du ministère de l’Industrie. La rencontre, tenue au siège du ministère, a réuni également des cadres de « UCC Holding », filiale du groupe qatari, le président du conseil d’administration de « Baladna Algérie », l’ambassadeur du Qatar à Alger, Abdulaziz Ali Al-Naama, ainsi que le PDG du groupe public Madar, partenaire algérien du projet. Objectif affiché de cette double présence ministérielle, faire coïncider l’avancée industrielle du dossier avec la préparation de la main-d’œuvre appelée à le porter.

Sur le fond, les échanges ont porté sur l’état d’avancement des procédures liées à la concrétisation de l’usine de lait infantile, un segment censé, selon le communiqué, « satisfaire les besoins du marché national », « renforcer la production nationale » et « réduire la facture des importations ». M. Kourtel a réaffirmé « la volonté du secteur d’accompagner le projet et d’assurer la coordination entre les différentes parties concernées afin de permettre sa concrétisation dans les meilleures conditions », tout en insistant sur la construction d’« un partenariat équilibré et fructueux fondé sur le principe gagnant-gagnant ». Le versant formation n’a pas été moins présent dans les discussions. Selon un communiqué distinct de son département, Nacima Arhab a assuré que son secteur était prêt à accompagner le projet à travers « des programmes de formation spécialisés adaptés à ses besoins », en coordination avec les différents intervenants. L’idée, a-t-elle expliqué, est de bâtir une base de compétences algériennes capables de suivre les techniques modernes ainsi que les besoins de l’activité agricole et industrielle liée au projet. La ministre a également mis l’accent sur l’anticipation des besoins en ressources humaines, par l’identification des spécialités et compétences requises et l’adaptation de l’offre de formation en conséquence, une démarche censée « renforcer l’insertion professionnelle des jeunes » et consolider le rôle de la formation professionnelle comme appui aux grands investissements économiques. Les deux parties, celle du secteur de la Formation et le groupe « Baladna Algérie », se sont accordées pour élaborer un plan de formation qui suivra les différentes étapes de réalisation du projet.

Côté industrie, la rencontre s’est conclue sur un engagement à poursuivre la coordination et les consultations, et à finaliser dans les meilleurs délais les procédures nécessaires à la concrétisation du projet. Ce volet lait infantile s’adosse au mégaprojet agro-industriel « Baladna Algérie », lancé à Timokten, dans la daïra d’Aoulef (Adrar), sur une assiette de 117 000 hectares, pour un investissement annoncé de 3,5 milliards de dollars. Porté par une coentreprise détenue à 51 % par la partie qatarie et à 49 % par le Fonds national d’investissement, le projet vise à terme une production annuelle de près de 194 000 tonnes de lait en poudre, soit environ la moitié des besoins nationaux, et prévoit à l’horizon de sa neuvième année un cheptel de 270 000 têtes bovines pour 1,7 milliard de litres de lait par an. La première récolte pilote de fourrage, sur 300 hectares, a été engagée début mai dernier, et un pont aérien doit acheminer, à partir de novembre 2026 et sur dix mois, 30 000 vaches laitières depuis neuf États américains. Dans ce montage, « Baladna Algérie » assure l’approvisionnement de la future usine en lait, matière première du segment infantile confié à « UCC Holding » et au groupe Madar.

Sabrina Aziouez

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