Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger : La structure et les missions fixées par décret
Trois mois après l’annonce présidentielle, l’institution censée fédérer les compétences algériennes de l’étranger dispose désormais d’un texte fondateur. Le décret présidentiel n° 26-293, daté du 25 Rabie El Aouel 1448 correspondant au 7 septembre 2026, publié dans le Journal officiel n° 66, formalise la création du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger et en détaille les missions, la composition et l’organisation.
Le texte confirme le statut particulier accordé à cette instance comme un « organisme consultatif placé auprès du Président de la République », doté « de la personnalité morale et de l’autonomie financière », dont le siège est fixé à Alger. Sa mission centrale, telle que la formule le décret, consiste à « apporter un avis scientifique et technologique reflétant les expertises de la communauté scientifique nationale à l’étranger, dans tous les domaines liés aux axes du développement national ».
Sur le plan de la composition, le conseil comptera un président et 39 membres, répartis en trois catégories soit 30 compétences scientifiques nationales établies à l’étranger, sélectionnées sur la base de leur poids scientifique international et de leurs spécialités stratégiques ; 6 représentants ministériels issus des secteurs de la défense, des affaires étrangères, des finances, de l’enseignement supérieur, de la santé et de l’économie de la connaissance ; et 3 dirigeants algériens d’entreprises économiques domiciliées à l’étranger actives dans la recherche-développement. Le président sera nommé par décret présidentiel pour un mandat de trois ans renouvelable une fois, sur proposition du ministre de l’Enseignement supérieur, en concertation avec celui des Affaires étrangères. Le décret précise que la qualité de membre reste non rémunérée, et impose à chacun une stricte « obligation de réserve » ainsi que la confidentialité sur les travaux du conseil.
L’architecture interne s’organise autour de cinq organes avec un président, une assemblée générale, organe décisionnel suprême réunissant tous les membres, un bureau de six personnes, des commissions spécialisées et un secrétariat dirigé par un secrétaire général. L’assemblée générale se réunit deux fois par an en session ordinaire et peut, selon le texte, tenir ses réunions « par visioconférence », une souplesse pensée pour des membres dispersés sur plusieurs continents. Ce décret vient ainsi graver dans le droit une dynamique amorcée dès le 21 juin 2026, lorsque le Conseil des ministres avait acté le principe de cette structure, avant qu’une réunion constitutive ne se tienne le 28 juin au Pôle scientifique et technologique Chahid Abdelhafid-Ihaddaden de Sidi Abdellah. Cette rencontre fondatrice avait rassemblé 31 chercheurs algériens de renom établis à l’étranger, parmi lesquels le professeur Elias Zerhouni, ancien directeur des Instituts nationaux de la santé aux États-Unis, désigné coordinateur du comité constitutif, aux côtés de figures comme Belkacem Haba ou Noureddine Melikechi. Les scientifiques présents avaient alors insisté sur la nécessité de dépasser les rencontres ponctuelles pour bâtir un transfert de technologie durable au bénéfice des universités et entreprises nationales.
Samir Benisid
