Culture

Grand Prix Assia-Djebar : Les neuf romans en lice dévoilés

Le jury du Grand Prix Assia-Djebar du roman a dévoilé lundi à Alger sa short liste, neuf œuvres puisées dans un vivier de 155 manuscrits soumis en arabe, en tamazight et en français, avant la cérémonie de remise des prix prévue le 8 octobre.

La short liste de la 8e édition du Grand Prix Assia-Djebar du roman a été rendue publique lundi à Alger, à l’occasion d’une rencontre organisée au siège de la chaîne de télévision « AL 24 News », en présence du président du jury, le poète et universitaire Hakim Miloud, qui a présenté au public les neuf romans finalistes retenus à parts égales dans les trois langues du concours. Trois titres représentent la langue arabe, à savoir « A’rach Ed’dem » de Hocine Laalam, « Er’rafraf » de Sarah Mohamed Maariche et « Aam Ar-rehma » de Khier Chouar. La langue amazighe est également défendue par trois œuvres, « D Asderfef » (Tâtonnement) de Chabha Ben Gana, « Tighri n Tudert » (Le cri de la vie) de Siham Harikenchikh et « Aggus » (La ceinture) de Farida Sahoui. Le français complète cette sélection avec « Partout le même ciel » de Hajar Bali, « Aménorrhée » de Sarah Haidar et « Ce que la mort m’a pris de toi » de Hosni Kitouni.

Interrogé sur les lignes de force qui traversent cette short liste, Hakim Miloud a relevé que ces romans « partagent des thématiques communes notamment la mémoire, l’histoire et les mutations sociales que connaît l’Algérie », précisant que le jury a constaté « un accent particulier sur le roman historique » parmi les œuvres retenues cette année. Une tendance qui, selon lui, traduit l’intérêt persistant des plumes algériennes pour le récit du passé national et ses résonances dans le présent. Le président du jury a par ailleurs tenu à rassurer sur la rigueur du processus de sélection, affirmant que la short liste « répond aux critères littéraires et artistiques du Prix après un processus de lecture et d’évaluation rigoureux mené par les membres du jury ». Il a rappelé à ce propos l’ampleur de la participation à cette édition, le nombre total d’œuvres reçues ayant atteint « 155 romans » toutes langues confondues, un chiffre qui confirme l’attractivité croissante de ce rendez-vous littéraire auprès des romanciers du pays.

Autour de Hakim Miloud, le jury de cette édition réunit dix autres membres issus d’horizons complémentaires, parmi lesquels le sociologue Mustapha Madi, le spécialiste en littérature populaire Hamid Bouhabib, l’écrivaine Maïssa Bey, le président de l’Académie algérienne de la langue arabe Cherif Meribai, l’écrivaine Meriem Guemache, la romancière Leïla Hammoutène, le poète Ahcene Mariche, le chercheur en langue amazighe Kouceila Alik et le poète et traducteur Idir Bellali, une composition qui reflète la diversité des sensibilités appelées à juger les œuvres en lice. Porté depuis 2015 par l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP), le Grand Prix Assia-Djebar du roman perpétue le nom de l’écrivaine et universitaire algérienne disparue en 2015, et demeure l’un des rendez-vous les plus attendus du paysage littéraire national. Il a pour vocation de distinguer la meilleure œuvre romanesque écrite dans les deux langues nationales, l’arabe et le tamazight, ainsi qu’en langue française, confirmant à chaque édition sa place de baromètre de la création romanesque algérienne contemporaine.

Le verdict final sera connu le 8 octobre prochain à Alger, lors d’une cérémonie officielle qui viendra couronner l’un des neuf romans aujourd’hui en lice.

Mohand Seghir

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