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12 millions d’élèves retrouvent les bancs de l’école : Une rentrée sur fond de changement

Après un report de quinze jours décidé sur instruction du président de la République, l’année scolaire démarre ce lundi 21 septembre. Entre réforme pédagogique, nouvelles structures livrées et solidarité envers les élèves sinistrés, le secteur joue la carte de la refonte et de la proximité.

Près de 12 millions d’élèves retrouveront, lundi, les bancs de l’école pour la rentrée 2026-2027, une reprise marquée par l’introduction de l’anglais dès la 3e année primaire, la mise en service de 289 nouveaux établissements et une mobilisation particulière autour des enfants des wilayas touchées par les incendies de l’été. Fixée initialement au 6 septembre, la date de la rentrée des élèves a été décalée au 21 septembre sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, après des demandes de révision liées notamment à la canicule dans le Sud et à la saison touristique. Le personnel administratif a repris le 6 septembre et les enseignants le 13, une pré-rentrée destinée à parachever la logistique. Début septembre, le ministre avait d’ailleurs écarté toute rumeur de nouveau report. Le secteur, qui comptait plus de 30 300 établissements fin 2025, dont 607 ouverts en une saison, s’appuie sur plus de 630 000 enseignants pour encadrer les trois cycles, selon le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui.

Sur le front des infrastructures, le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire a annoncé samedi, dans un communiqué, la livraison de 289 structures éducatives pour les trois cycles, soit 151 écoles primaires, 90 collèges et 48 lycées. L’opération se poursuivra jusqu’à 385 établissements avant fin 2026, dont 207 écoles primaires, 122 collèges et 56 lycées, pour une enveloppe estimée à 115 milliards de dinars. Le ministre Mohamed Tarek Belaribi y voit un levier pour « le renforcement du système éducatif et l’amélioration des conditions de scolarisation ». À titre de comparaison, la rentrée précédente avait vu la réception de 464 structures, dont 272 écoles primaires, 132 collèges et 60 lycées.

Côté pédagogique, la rentrée se fera avec moins de nouveautés que prévu. Annoncées fin juillet à l’ouverture de la conférence nationale de préparation de l’année scolaire, les dispositions du ministère ont été suspendues par le Conseil des ministres du 6 septembre, à l’exception de celles du cycle primaire, déjà validées. Le ministère l’a confirmé le 16 septembre dans un communiqué, en précisant qu’« à l’exception des dispositions relatives à l’enseignement primaire, qui ont été approuvées par le Conseil des ministres, toutes les autres dispositions ont été gelées en vertu de la décision du Conseil des ministres du 6 septembre 2026, dans l’attente de leur approbation ultérieure ». Dans le primaire, l’anglais est donc enseigné dès la 3e année et le français à partir de la 4e, avec la garantie d’au moins deux langues étrangères conformément à la loi d’orientation sur l’éducation nationale. Au collège comme au lycée, en revanche, le renforcement du volume horaire et du coefficient de l’anglais, le dédoublement de certaines séances de travaux dirigés, l’allègement de matières de spécialité en terminale et l’introduction de l’informatique dans certaines filières restent en suspens, dans l’attente d’un nouvel examen par le Conseil des ministres.

L’encadrement s’étoffe malgré tout. La feuille de route prévoit le recrutement de 40 500 enseignants par concours sur titres, un examen qui a mobilisé plus d’un million de candidats, après l’arrivée de 17 632 professeurs d’éducation physique et de 14 939 enseignants d’anglais pour le primaire, et l’intégration de 82 410 contractuels sur décision du chef de l’État. Pour éviter toute vacance de poste, le ministre a demandé l’affectation rapide des nouvelles recrues et l’activation des listes d’attente.

Côté logistique, 80 millions de manuels scolaires ont été produits, vendus dans les points de l’ONPS et plus de 1 500 librairies agréées, tandis qu’une campagne de nettoyage des écoles s’est tenue du 6 au 17 septembre avec l’appui des collectivités locales et des associations de parents. Le programme « Semaine de la santé scolaire » démarre avec la rentrée et s’accompagne d’une distribution élargie de produits d’hygiène aux élèves, en partenariat avec le secteur pharmaceutique.

La rentrée se déroule enfin dans un contexte de reconstruction. Les incendies ont endommagé 23 établissements à Jijel et 6 à Béjaïa, dont la remise en état devait s’achever avant le 10 septembre. Les familles sinistrées provisoirement hébergées dans certaines écoles doivent être relogées durablement afin de libérer les classes. M. Saâdaoui a demandé aux walis de recenser précisément les élèves et personnels touchés pour leur assurer un accompagnement psychologique, pédagogique, social et matériel. Sur le terrain, la Solidarité nationale a remis 3 500 cartables garnis aux élèves sinistrés de Jijel, dans un programme qui associe soutien matériel et séances d’aide psychologique. Les Scouts musulmans algériens, en partenariat avec Ooredoo, ont lancé une caravane nationale de distribution de cartables et de fournitures aux enfants de familles modestes et aux victimes des feux, en ciblant notamment Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou. La réussite de cette rentrée se mesurera aussi à la capacité de l’école à panser les blessures de l’été.

Lyna Larbi

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