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La SNS et Ferrovial signent un accord industriel : Des wagons « made in Algeria » pour le PPI

Une convention-cadre a été signée la semaine dernière entre ENCC Spa, filiale de la SNS, et le groupe Ferrovial. L’accord jette les bases d’une filière nationale de wagons miniers. Elle survient alors que le projet de phosphate intégré, conduit selon les orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, entre dans sa phase décisive.

La souveraineté industrielle vient de se mettre sur rails. L’Entreprise nationale des charpentes et constructions métalliques et de la chaudronnerie (ENCC Spa), filiale de la Société nationale de sidérurgie (SNS), et le groupe Ferrovial ont signé, mercredi dernier, une convention-cadre de coopération industrielle pour fabriquer en Algérie des wagons de fret spécialisés, destinés d’abord au transport du phosphate, a annoncé dimanche la SNS dans un communiqué. Le texte a été paraphé par Abdelhalim Arrouche, P-DG d’ENCC Spa, et Mounir Abbassi, directeur général de Ferrovial, en présence de Saïd Arabat, président du conseil d’administration de l’entreprise. Le communiqué décrit « un accord stratégique s’inscrivant dans le soutien et le développement de l’industrie ferroviaire nationale et la valorisation des ressources minières stratégiques de l’Algérie », à travers « un programme national de fabrication de wagons dédiés au transport des matières minières, destinés principalement à la chaîne de transport du phosphate ». En unissant leurs expertises, les deux partenaires visent un taux d’intégration nationale de plus de 70 %, une moindre dépendance aux importations d’équipements ferroviaires, le transfert de technologie, des emplois qualifiés et, à terme, une véritable filière nationale. Pour la SNS, c’est « une étape importante dans la promotion du produit « Made-in-Algeria » ».

Ferrovial n’arrive pas en terrain vierge. L’entreprise d’Annaba avait annoncé en 2023 un programme de 1 820 wagons pour le phosphate de Bled El Hadba, puis conclu en avril dernier avec la SNTF un accord pour 800 wagons destinés à la ligne minière Est, d’environ 14 milliards de dinars, avec des livraisons dès juillet et une mise en service de la ligne attendue fin 2027. En août, le ministre de l’Industrie y a plaidé pour davantage de sous-traitance et de complémentarité avec le complexe d’El Hadjar, les projets en cours devant générer quelque 2 000 emplois, dont près de 500 chez Ferrovial. La holding, qui compte 17 filiales et 15 participations, mise sur la modernisation de son outil de production et de nouvelles usines pour les secteurs de la construction, des transports et de la mécanique ; la réhabilitation d’El Hadjar vers l’acier vert, avec le groupe chinois Baowu, en est l’autre grand chantier.

Notons que ces équipements sont destinés au projet de phosphate intégré qui relie la mine de Bled El Hadba (Tébessa), le complexe chimique d’Oued Kebrit (Souk Ahras), la ligne minière Est de 422 km et le quai minéralier d’Annaba, pour un investissement estimé à 6 milliards de dollars. Sur un bassin oriental aux réserves estimées à plus de trois milliards de tonnes, il vise 10 millions de tonnes de phosphate brut par an, près de 6 millions de tonnes de phosphate enrichi, 4 millions de tonnes d’engrais et quelque 12 000 emplois directs. Le calendrier prévoit les premières quantités de phosphate enrichi au premier trimestre 2027 et les engrais au quatrième, l’usine d’acide phosphorique devant, selon le chef de l’État, démarrer fin 2026 ou début 2027.

Conformément aux orientations présidentielles, les ministres des Hydrocarbures, des Travaux publics et des Mines ont coprésidé en juin une réunion de coordination pour accélérer la cadence, et le 12 août, Sonatrach et la Société algérienne des engrais ont signé deux contrats EPC avec Saipem et CHEC, lançant la première phase. Sur le site minier, où l’on vise 3,5 millions de tonnes de phosphate brut à ce stade, environ 1,5 million de tonnes de stériles ont été évacuées et un million de tonnes de phosphate brut mises à disposition, l’objectif étant d’en préparer quatre millions avant la fin du deuxième trimestre 2027. Le raccordement aux eaux industrielles doit être bouclé avant fin 2026.

Sabrina Aziouez

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