Culture

À Dar Abdelatif : Korexus tend à Alger le miroir de ses mille visages

Alger a ouvert, samedi soir, ses bras et ses cimaises à Korexus. Sous ce nom d’artiste, la jeune peintre-plasticienne Ilhem Lekmiti a inauguré « The Selves we are » (les diverses facettes de nous-mêmes), une exposition pluridisciplinaire et multimédia qui a conquis le public dès le vernissage. Visible jusqu’au 20 octobre à la Villa Dar Abdelatif, elle réunit une trentaine de toiles à l’huile et cinq installations.

Organisée par l’Agence algérienne pour le Rayonnement culturel (Aarc), sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts, la manifestation ne choisit pas son camp. Elle puise dans l’ensemble des courants et des écoles artistiques. Les toiles, de formats variés, dialoguent avec cinq installations qui questionnent le temps et réinventent l’espace, comme si les murs de la villa avaient appris à respirer autrement. Dans les salles, une musique apaisante invite à la méditation, et l’on avance comme on feuillette un journal intime à ciel ouvert. « The surch », « The Maze », « Beyond existence », « In Between », « Firefly » ou « The Line » se mêlent aux installations « The dark side of the moon », « Spirit Bird » et « Unknown ». On y croise des formes et des figures épurées, aux regards effacés, qui avancent entre mémoire et silence. La couleur, la lumière, la matière et le signe composent de belles écritures visuelles, tantôt murmurées, tantôt criées.

Ces œuvres deviennent, selon l’artiste, « autant de territoires sensibles de réflexion et de mémoire », animés par une même nécessité intérieure celle de « faire de l’art un moyen d’habiter le monde et d’écrire la vie », a expliqué Korexus, qui signe avec cette exposition ses premiers pas. Présentant l’artiste, la cheffe de département des Arts visuels et du Patrimoine à l’Aarc, Meriem Ait El Hara, a indiqué que cette artiste visuelle pluridisciplinaire, basée à Jijel, explore à travers la peinture et les installations « les profondeurs de l’être humain, les transformations intérieures et le dialogue entre matière, espace et émotion dans un univers céleste qui suggère la méditation ». Architecte, diplômée de l’École régionale des Beaux-Arts de Sétif en 2017, Korexus développe une démarche sensible et introspective. Jusqu’au 20 octobre, la Villa Dar Abdelatif offre à chacun l’occasion de se regarder dans les mille miroirs d’une artiste qui débute, mais qui, déjà, ne passe pas inaperçue.

M.S.

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