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Annaba : Le chantier des 500 LPA au point mort

À la nouvelle ville Draa Errich dans la wilaya d’Annaba, l’attente se prolonge pour les bénéficiaires d’un programme de 500 logements promotionnels aidés (LPA), dont la livraison accuse désormais huit mois de retard sur le calendrier initial. Derrière ce retard, ce sont autant de familles qui restent privées de leur logement, contraintes de prolonger une situation locative souvent coûteuse et sans visibilité précise sur la date de remise des clés. Exaspérés par cette situation, les souscripteurs ont adressé une pétition d’urgence à Abdelkrim Laamouri, wali d’Annaba, afin d’obtenir une intervention susceptible de débloquer un projet dont les travaux seraient à l’arrêt total depuis plusieurs mois.

Dans leur requête, ils rappellent que le chantier a officiellement démarré en octobre 2024, pour un délai de réalisation fixé à 16 mois. La livraison de l’ensemble du programme était ainsi attendue en février 2026. Or, en octobre de cette année, aucun logement n’a été remis à leurs bénéficiaires. En plus du dépassement des délais, les souscripteurs dénoncent surtout l’absence de perspectives concrètes quant à la reprise des travaux. Selon leurs représentants, plusieurs démarches ont été entreprises auprès des services de la direction du logement pour exposer leurs préoccupations et obtenir des explications. Mais ces rencontres n’auraient, à ce jour, débouché sur aucune avancée tangible. Les explications rapportées varieraient d’un interlocuteur à l’autre parmi les souscripteurs. La finalisation de la liste nominative des bénéficiaires aurait été évoquée, tout comme le refus de l’entreprise de réalisation de poursuivre le chantier ou encore l’insuffisance de la trésorerie de l’Agence nationale de l’amélioration et du développement du logement (AADL) pour financer la poursuite des travaux. Une succession de motifs qui, aux yeux des souscripteurs, entretiennent le flou autour des causes réelles du blocage et ne permettent pas d’entrevoir une issue rapide. Les signataires de la pétition tiennent l’AADL, en sa qualité de promoteur immobilier du programme, pour responsable de la situation et demandent aux autorités locales d’intervenir afin que chaque partie assume ses obligations. Ils réclament notamment le retour immédiat de l’entreprise sur le chantier, avec les moyens humains et matériels nécessaires, ainsi que l’établissement d’un calendrier de rattrapage précis et contraignant pour accélérer la réalisation du projet. Le déblocage des contrats de vente sur plans constitue un autre point central de leurs revendications. Les souscripteurs demandent l’accélération de leur établissement et de leur remise, ainsi que la levée du gel qui leur serait appliqué. Ces documents doivent leur permettre d’engager les démarches de financement bancaire et de verser les échéances correspondantes, dans l’espoir de contribuer à la mobilisation des ressources nécessaires à la poursuite des travaux. Les souscripteurs appellent également à une meilleure coordination entre les différentes structures impliquées, notamment la direction du logement, l’AADL et la Banque nationale de l’habitat (BNH). Ils estiment que les chevauchements administratifs et les lenteurs procédurales ne doivent plus entraver l’avancement du programme et demandent que les missions et les responsabilités de chaque intervenant soient clairement définies. À ces revendications s’ajoute l’exigence d’un suivi régulier sur le terrain. Les bénéficiaires souhaitent que les responsables concernés se rendent sur le chantier, évaluent l’état réel d’avancement des travaux et veillent à la mise en œuvre effective des mesures arrêtées. Pour nos interlocuteurs, la relance du projet ne peut se limiter à des échanges administratifs. Elle doit se traduire par une reprise visible des travaux et par des échéances de livraison clairement établies.

Sofia Chahine

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