Arkab à la Semaine de l’énergie de Riyad : Une tribune pour séduire les investisseurs
Sept périmètres, près de 1,8 milliard de barils de ressources et un compte à rebours qui s’accélère. Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab a fait du congrès WPC Energy la vitrine de l’appel d’offres Algeria Bid Rpund 2026. Alger veut transformer ses ressources en capacités de production avant mars 2027.
Lundi, à Riyad, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a présenté l’appel d’offres « Algeria Bid Round 2026 » comme « un outil central » pour attirer les capitaux étrangers dans l’exploration et la production. Il s’exprimait à l’ouverture du dialogue ministériel du 25e Congrès mondial du pétrole et de l’énergie, alors que le Brent oscille autour de 104 dollars le baril. Le ministre y a délivré un message central, en soulignant que le monde aura besoin de plus d’hydrocarbures, pas de moins, et le vrai goulot d’étranglement est l’investissement. M. Arkab a estimé que la demande mondiale de pétrole et de gaz continuerait de croître sur les prochaines décennies, tirée par l’urbanisation et l’industrialisation des économies émergentes. Selon lui, « l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient » seront les principaux pôles de cette croissance. Le défi central, a-t-il averti, est de mobiliser les capitaux nécessaires pour convertir les ressources en capacités effectives de production, de transport, de transformation et d’exportation. Faute de quoi le marché s’expose à des déséquilibres entre l’offre et la demande, et à de fortes fluctuations des prix. Il a élargi l’effort aux pipelines, aux installations de liquéfaction, aux ports, au stockage et au raffinage, et réclamé une vision « claire et stable » pour engager les investissements à temps.
Ce plaidoyer n’est pas abstrait. L’Algérie a mis sur la table sept périmètres pour son son appel d’offres, El Menzel, Ahara, Reggane II, Touggourt Sud, Berkine Est, Gourara et Illizi Ouest. Les données techniques sont accessibles de façon transparente par des salles de données virtuelles, en vue de l’évaluation des offres et de la signature des contrats « avant mars 2027 », a précisé le ministre. Selon le calendrier, les offres devaient être déposées au plus tard le 26 novembre 2026, avec une signature des contrats avec Sonatrach prévue fin janvier 2027. Il reste donc quelques semaines aux compagnies pour se positionner.
Le ministre a aussi vendu un cadre. La vision algérienne, a-t-il dit, ne se limite pas à l’attraction de capitaux, elle vise le transfert de technologie et des partenariats stratégiques de long terme, adossés à un dispositif juridique, réglementaire et fiscal consacré par la loi sur les hydrocarbures de 2019. Cette seconde édition fait suite à celle de 2024, dont les résultats, annoncés en juin 2025, avaient débouché sur l’octroi de permis d’exploration sur cinq zones à des compagnies de différentes nationalités.
La toile de fond géopolitique donne à cet appel d’offres une résonance particulière. Les attaques contre les navires se sont multipliées dans le détroit d’Ormuz depuis le début du mois, selon l’organisme britannique UKMTO. Les exportations de brut par ce passage ont chuté à environ 8,5 millions de barils par jour la semaine achevée le 7 octobre, soit près de 40 % sous le niveau d’avant-guerre, d’après Kpler. Les cours avaient dépassé 110 dollars en mars, au plus haut depuis 2022. Dans ce contexte, un fournisseur proche des marchés européens, relié par gazoduc, devient un atout stratégique. M. Arkab l’a d’ailleurs souligné en plaidant pour la résilience des marchés et la sécurité des approvisionnements face aux risques géopolitiques. Il a rappelé le rôle de la coopération entre producteurs et de l’OPEP+ dans la stabilité du marché pétrolier depuis dix ans.
Le TSGP franchit une étape décisive
Le gaz reste le véritable pivot de la stratégie algérienne. Le ministre a insisté sur la place centrale du gaz naturel et du GNL, en complément des renouvelables, et évoqué une part du GNL dans le commerce mondial du gaz portée à 65 %. Il en tire la nécessité de poursuivre les investissements dans les ressources gazières et les capacités d’exportation, par gazoducs comme par méthaniers. Les exportations algériennes vers l’Europe passent à 67 % par gazoduc, notamment Medgaz vers l’Espagne et Transmed vers l’Italie, et à 33 % sous forme de GNL. L’Algérie a confirmé en 2026 sa place de premier fournisseur de gaz de l’Espagne, tandis que ses livraisons vers l’Italie progressent.
Reste l’équation des volumes, que l’appel d’offres veut aider à résoudre. Les autorités visent une production gazière d’environ 200 milliards de mètres cubes par an à l’horizon 2030, contre environ 137 milliards en 2025. Or la consommation intérieure, soutenue par les subventions, absorbe près de la moitié de la production, ce qui réduit la marge à l’export. Les exportations de GNL sur les cinq premiers mois de 2026 restent d’ailleurs en repli de 5 % sur un an. Pour exporter davantage, il faudra produire davantage, d’où l’importance de nouveaux périmètres et du plan 2026-2030 de Sonatrach, qui consacre 75 % des investissements de développement à l’exploration et à la production.
Le ministre a enfin mis en avant le gazoduc transsaharien (TSGP), passé « de la phase des études à celle de la réalisation ». L’étude de faisabilité actualisée a été adoptée en juin 2026 et les travaux du tronçon algérien ont été officiellement lancés le 4 juin. Ce corridor doit raccorder le gaz nigérian, via le Niger, au réseau algérien pour l’exporter vers les marchés internationaux et européens.
À Riyad, M. Arkab était accompagné du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal. Selon le communiqué du ministère, la présence algérienne vise à faire connaître les opportunités de partenariat et d’investissement et à réaffirmer le rôle du pays dans la sécurité énergétique régionale et internationale. M. Arkab a conclu que les décisions prises aujourd’hui en matière d’investissements, d’infrastructures et de partenariats détermineront la capacité du système énergétique mondial à répondre aux besoins futurs.
Samira Ghrib
Conseil ministériel arabe de l’électricité
L’Algérie élue à la vice-présidence du Bureau exécutif
L’Algérie a été élue, lundi à Riyadh (Arabie saoudite), au poste de vice-président du Bureau exécutif du Conseil ministériel arabe de l’électricité, lors des travaux de la 16e Réunion du Conseil, auxquels a pris part le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, une élection qui vient renforcer la participation de l’Algérie aux mécanismes de coordination et de coopération arabes dans le secteur de l’électricité, indique un communiqué du ministère. Cette réunion, consacrée à l’examen de nombre de questions liées au développement de l’action arabe commune dans les domaines de l’électricité, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, ainsi qu’au renforcement de la coopération régionale et internationale en la matière, a été marquée par la passation de la présidence du Conseil du Royaume de Jordanie au Royaume d’Arabie saoudite, ainsi que par le renouvellement de la composition du Bureau exécutif du Conseil ministériel arabe de l’électricité. A cette occasion, il a été décidé de tenir la prochaine réunion du Conseil ministériel arabe de l’électricité à la fin de l’année 2027 en Arabie saoudite, précise la même source.
APS

