Baisser de rideau sur le festival du théâtre féminin à Annaba : Deux artistes couronnées
Le festival du théâtre féminin a refermé sa huitième édition dans la nuit de lundi à mardi, sur le site archéologique d’Hippone à Annaba, en couronnant deux autrices et en lançant un dispositif d’accompagnement pour les jeunes projets théâtraux sortis de ses ateliers.
Sous les pierres antiques, c’est un jury académique qui a livré son verdict. Samah Samida repart avec la récompense pour « Qira’a » (Lecture), tandis que Sarah Merniche est distinguée pour « Imbratoriat à Essath ». Les deux prix saluent des textes qui bousculent les habitudes et injectent du sang neuf dans l’écriture dramatique. La nouveauté de l’année tient pourtant moins au palmarès qu’à ce qui vient après. Pour la première fois, le festival a ouvert un forum baptisé « Porteuses de projets artistiques et autrices », pensé comme une serre où les talents encore tendres peuvent pousser à l’abri. Deux textes y ont déjà pris racine. « El Boukala » de Wassila Aredj et « El Khabith » de Meriem Allag seront suivis de près par l’association « Dairat Al Anouar », présidée par Karima Eid, qui leur offre un encadrement artistique direct, de l’écriture jusqu’au premier soir de représentation. L’idée est simple, ne pas laisser un bon manuscrit mourir dans un tiroir, et offrir aux jeunes créatrices un espace de formation, de promotion et de production. La cérémonie de clôture a aussi rendu hommage aux encadreurs, critiques et artistes qui ont animé pendant six jours les sessions académiques et les ateliers. Les échanges ont tourné autour de la pratique théâtrale, de l’écriture et de la création, avec en filigrane une conviction partagée, celle que la femme n’est pas un simple décor dans l’acte théâtral. Elle en est tour à tour autrice, metteuse en scène, comédienne et tête pensante. Ouvert le 30 septembre, le rendez-vous a aligné onze spectacles, du théâtre pour adultes aux pièces pour enfants, sans oublier le monologue. Le programme s’est enrichi d’ateliers d’expression corporelle et de théâtre de rue, de soirées littéraires et de séances de contes. Le festival a bien fait de ne pas se cantonner à une seule scène, puisqu’il a investi le Théâtre régional Azzedine Medjoubi, la Maison de la culture Mohamed Boudiaf, le site d’Hippone et la place de la Révolution, en plein centre-ville.
M. Seghir

