Festival de la création féminine : Des parures des XVIIe et XVIIIe siècles dévoilées pour la première fois
Du 8 au 12 octobre, la 11e édition du Festival culturel national de la création féminine remet les métiers oubliés et la mémoire des femmes au cœur de la scène culturelle. Au programme, des hommages, un spectacle de mapping, des ateliers vivants et un musée numérique.
Des costumes traditionnels rares, dont certains remontent aux XVIIe et XVIIIe siècles, seront exposés au public pour la première fois à l’occasion de la 11e édition du Festival culturel national de la création féminine, qui s’ouvre jeudi 8 octobre à Alger. Prêtées par des collectionneurs privés et réunies dans plusieurs régions du pays, ces pièces ouvrent, selon le programme de la manifestation, « une fenêtre sur une collection exceptionnelle de costumes patrimoniaux rares », et constituent « un témoignage vivant sur l’histoire du goût, de la beauté et du savoir faire ». Placée sous la bannière « Quand les métiers d’antan reviennent, les racines se renouvellent », cette édition célèbre les gestes, les coutumes et les savoir faire algériens, tout en rappelant que certains d’entre eux sont menacés d’oubli. Les organisateurs veulent y voir plus qu’un retour au passé. Il s’agit, écrivent-ils, d’une mémoire « vivante, qui se renouvelle par la création et se transmet aux générations futures ».
La cérémonie officielle débutera à 15h00, avec les allocutions de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, et du commissaire du festival, Sid Ali Benmerabet. Le public sera accueilli à 18h00 pour un spectacle de mapping, qui projette l’image sur les façades dans une « expérience artistique contemporaine » nourrie du patrimoine et de l’identité du pays. Les chanteuses Bahdja Rahal et Houria Aïchi, invitées d’honneur, y interpréteront des extraits des répertoires andalou et chaoui, avant que la conteuse Siham Kennouche ne referme la soirée sur un conte du patrimoine populaire.
Huit femmes seront honorées à cette occasion pour leur parcours dans la culture, l’art et le patrimoine. Outre les deux voix de la soirée, la liste compte la chanteuse tlemcénienne Leïla Borsali, les comédiennes Houria Bahloul et Souhila Fellah, la cheffe Yasmina Sellam, fondatrice de « Dar Djedi », la créatrice de contenus Yamna et la ministre elle même, distinguée « Personnalité patrimoniale de l’année » aux prix arabes des médias du patrimoine 2026.
Ateliers, musée numérique et cinéma au menu
Du 9 au 12 octobre, les espaces du festival ouvriront de 10h00 à 20h00. Les ateliers vivants montreront en direct le tissage, la broderie, le travail du cuir, la poterie et la peinture sur meuble, avec une mise en lumière des tapis de Guergour et de Babar, présentés comme des symboles de l’artisanat algérien. On y trouvera aussi des bijoux, un Concept Store dédié aux créations inspirées du patrimoine et des écoles d’art venues présenter leurs talents.
Le musée numérique « Akal », fondé sur la modélisation en 3D, permettra de parcourir en ligne objets, bijoux, instruments de musique et sites archéologiques sous différents angles. La plateforme « Be Djazairi » sera lancée en parallèle pour faire découvrir aux nouvelles générations « la richesse du patrimoine culturel, artistique et artisanal ». Le Café littéraire accueillera notamment Nassiba Larbi, Zineb Sekelli, Yasmina Sellam, Fadila Dif et Zoubida Maamria. La Cinémathèque projettera pour sa part, le 10 octobre à 15h00, « Ta3zrit » d’Arinas Kaouther Dernouni et « Ticraḍ » d’Idir Chaabane, deux documentaires sur la mémoire des femmes de l’Aurès et sur les dernières femmes tatouées de Kabylie. Conférences et masterclass compléteront l’affiche, avec des initiations au crochet, aux danses oubliées et aux métiers d’art.
Le festival veut aussi rester proche des gens. Il prévoit des visites dans une maison de retraite, à l’école des déficients visuels et dans des établissements scolaires, ainsi que l’accueil d’enfants trisomiques, pour rappeler que l’art et la culture sont des espaces « ouverts à tous, loin de toute barrière ». Rappelons que la 10e édition s’était tenue du 18 au 24 octobre 2025 à la Villa Boulkine, à Hussein Dey, sur le thème « Femmes du Sud, une authenticité qui se raconte ». Organisé depuis 2010 sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, ce rendez-vous défend la création féminine, qualifiée l’an dernier par Mme Bendouda de « pilier de l’identité culturelle nationale ».
Mohand Seghir

