Dix ans après l’Accord d’Alger : L’OPEP consacre le rôle « historique » de l’Algérie
Reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, le secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al Ghais, a salué la contribution décisive de l’Algérie à la stabilité du marché pétrolier, à l’occasion du dixième anniversaire de l’accord qui a ouvert la voie à l’alliance OPEP+. Il a aussi projeté une hausse de 23 % de la consommation mondiale d’énergie d’ici 2050.
Dix ans après l’Accord d’Alger de septembre 2016, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole rend hommage à l’Algérie. En visite dans la capitale, le secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al Ghais, a affirmé lundi, dans des entretiens accordés à l’APS et à la télévision publique, que le pays « a joué un rôle déterminant et historique qui restera dans les annales mondiales du secteur ». Il s’exprimait au lendemain d’une audience avec le chef de l’Etat, qui coïncide avec le dixième anniversaire de cette déclaration de coopération.
Pour le patron de l’OPEP, l’Accord d’Alger a posé le « premier jalon » de ce qui deviendra la Déclaration de coopération de l’OPEP+. Il est intervenu dans un contexte difficile, marqué par de fortes perturbations, une baisse sensible des prix et un recul des investissements. Il a permis, selon lui, de rééquilibrer le marché après une longue période d’instabilité.
M. Al Ghais y voit un modèle de diplomatie énergétique appelé à figurer dans les cursus universitaires. Il s’agit, dit-il, d’« un cas d’école historique », destiné à être enseigné dans les universités et les instituts spécialisés. Il rappelle que « s’il est déjà difficile pour deux pays de parvenir à un accord », le consensus atteint à l’époque entre vingt-trois pays relève de l’exploit. Le responsable a replacé cette réussite dans une longue tradition. Le premier sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres s’était tenu à Alger en 1975. Il a aussi rappelé que les conclusions de la réunion de 2016 et les travaux du comité de haut niveau chargé de mettre en œuvre les recommandations avaient été placés sous la présidence algérienne. Ce comité a défini les cadres et mécanismes que l’organisation active encore aujourd’hui.
L’Algérie toujours présente dans les instances de l’OPEP+
Le secrétaire général a salué la constance d’Alger dans la promotion du dialogue entre l’OPEP et les producteurs non membres. Cette présence se traduit concrètement par un siège permanent dans les mécanismes de coordination de l’OPEP+. Ceux-ci suivent la mise en œuvre des engagements, évaluent l’évolution du marché et réunissent le groupe des pays participant aux ajustements volontaires de production. A ses yeux, le cadre né en 2016 a permis de maintenir les stocks mondiaux à des niveaux acceptables et de garantir l’équilibre des marchés. Il estime que cette coopération doit se poursuivre, face aux mutations rapides du secteur, aux aléas économiques et géopolitiques et aux enjeux de sécurité des approvisionnements. Il a également indiqué que la coopération s’est élargie à l’échange d’expertises, au transfert de technologies, aux études, à la recherche et au dialogue sur les questions énergétiques et climatiques. La Charte de coopération, a-t-il souligné, « ne se limite pas à soutenir la stabilité des marchés pétroliers », mais ouvre aussi « de nouvelles perspectives de coopération dans différents domaines ». Il a ajouté que l’accord « restera une référence pour tous ceux qui étudieront à l’avenir l’histoire de l’industrie et des marchés de l’énergie ».
Demande de pétrole : cap sur 124 millions de barils par jour
Le secrétaire général s’est aussi projeté sur les marchés. Il table sur une croissance économique mondiale satisfaisante et sur une progression de la demande de pétrole. A long terme, la consommation énergétique mondiale devrait augmenter de 23 % à l’horizon 2050, sous l’effet notamment de la croissance démographique.
L’économie mondiale devrait doubler de taille, portée par les pays en développement. La demande de brut atteindrait alors 124 millions de barils par jour, contre environ 105 millions actuellement. Le gaz naturel deviendrait, selon les études de l’OPEP et de plusieurs autres organismes, la deuxième source d’énergie de la planète.
Au-delà des formules de courtoisie, le message est politique. En rappelant que « chaque défi représente aussi une opportunité », M. Al Ghais suggère que la cohésion de 2016 reste le meilleur outil face aux turbulences actuelles. L’Algérie, qui a su fédérer des positions éloignées, se voit ainsi confortée dans un statut de médiateur crédible au sein de l’OPEP+.
Sabrina Aziouez
Le secrétaire général de l’OPEP
« Ma rencontre avec le président de la République a été cordiale et riche en orientations »
Le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Haitham Al Ghais, a indiqué que son entretien avec le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, avait été « cordial et porteur de nombreux messages importants ainsi que d’orientations du président de la République à son endroit, en sa qualité de secrétaire général de l’Organisation ». Dans un entretien exclusif accordé à la Télévision algérienne, lundi, M. Al Ghais a déclaré : « J’ai eu l’honneur d’être reçu par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui m’a accueilli, comme à son habitude, avec beaucoup de chaleur et de cordialité dans mon second pays, l’Algérie. » Il a précisé que cette audience intervenait « un jour important et historique », coïncidant avec le 10e anniversaire de la Déclaration de coopération issue de la Déclaration d’Alger. Le secrétaire général de l’OPEP a indiqué avoir abordé avec le chef de l’État la situation actuelle des marchés de l’énergie. Il a précisé que l’essentiel des échanges avait porté sur le rôle historique de l’Algérie au sein de l’Organisation. M. Al Ghais a en outre affirmé que le président de la République et son gouvernement soutenaient l’OPEP et les efforts qu’elle déploie.
S.A.

