Mégaprojet agro-industriel de Timimoun : BF El Djazair prépare de nouveaux semis de blé dès octobre
Le projet agro-industriel de Timimoun, dans le Sud algérien, entre dans sa deuxième campagne agricole, et les nouveaux semis de blé débuteront en octobre. C’est ce qu’a indiqué lundi Bruno Santorelli, directeur général de BF El Djazair, dans des déclarations à l’agence italienne Agenzia Nova. Cette coentreprise a été créée, rappelons-le, en 2024 par le groupe italien BF et le Fonds national d’investissement (FNI), qui détiennent respectivement 51 % et 49 % du capital. Le montant de l’investissement est estimé à environ 420 millions d’euros. M. Santorelli a affirmé que le projet avance conformément au calendrier prévu. Il a précisé à Nova que la partie algérienne a déjà versé sa part de capital et mis à disposition les terres et les ressources en eau. Les démarches administratives encore en cours relèvent, a-t-il expliqué, de la gestion courante d’un investissement de cette envergure.
Rappelons que l’accord-cadre a été paraphé à Alger en juillet 2024 avec le ministère de l’Agriculture. Le contrat de concession, d’une durée de 40 ans renouvelable, a été remis en février 2025 à Mustapha Houari, président du conseil d’administration de BF El Djazair. Le projet s’inscrit dans le Plan national de développement des cultures stratégiques et, côté italien, dans le Plan Mattei, précise Nova. Sur les 36 000 hectares de la wilaya de Timimoun, l’objectif est de rendre progressivement cultivables environ 24 000 hectares, a détaillé le directeur général. Le programme, rapporte l’agence, porte sur le blé dur, les pois chiches, les lentilles, les haricots secs et le maïs. L’eau est l’aspect technique clé du projet, selon Nova. BF El Djazair prévoit des puits, des réseaux de distribution et une irrigation par pivots, associés à l’agriculture de précision et à la cartographie numérique. Pour M. Santorelli, le suivi de l’état végétatif des cultures et de la consommation d’eau permettra d’améliorer l’efficience hydrique et d’accroître la productivité par unité d’eau. Le projet comprend aussi des brise-vent et des mesures contre l’érosion éolienne et l’ensablement.
L’investissement dépasse la production agricole et prévoit la réalisation de silos, infrastructures logistiques et usines de pâtes sont prévus pour intégrer culture, stockage et transformation, afin de conserver en Algérie une plus grande part de la valeur ajoutée.
Concernant l’emploi, les estimations évoquent plus de 6 700 postes, dont plus de 1 560 directs. M. Santorelli a ajouté que le projet pourrait aussi stimuler le transport, la maintenance, la logistique, la fourniture de pièces détachées et les services techniques. L’enjeu, a-t-il résumé, est de passer « d’un projet agricole à un projet régional », pour faire de Timimoun un pôle d’appui aux activités
Amar Malki

