Narcotrafic : La Cour d’Alger prononce de nouvelles condamnations à mort
Le tribunal criminel près la Cour d’Alger a condamné à la peine de mort, dimanche, deux accusés poursuivis pour importation et trafic illicites de 144 kilogrammes de drogues de synthèse, soit l’équivalent de 235 000 comprimés d’ecstasy. Les verdicts ont été rendus en application de la loi 25-03 du 1er juillet 2025 relative à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes. Ces peines surviennent moins de deux semaines après les premières condamnations capitales prononcées par la même juridiction. Le 5 octobre, neuf accusés, dont six jugés par contumace, avaient écopé de la peine de mort dans des dossiers portant sur 113 kilogrammes de cocaïne et plus de 225 000 comprimés de prégabaline. Ils étaient notamment poursuivis pour importation, transport, stockage et détention en vue de la vente de drogues dures et de psychotropes, au sein d’un groupe criminel organisé, ainsi que pour contrebande, usurpation d’identité, immigration clandestine et blanchiment d’argent. La justice algérienne confirme ainsi, verdict après verdict, la ligne de fermeté annoncée par les autorités. Cette orientation avait été clairement posée le 22 septembre à Oran par le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa. Il avait alors affirmé que la peine de mort serait appliquée à la lettre dans la lutte contre la drogue, tout en rappelant que l’exécution n’intervient qu’après épuisement de toutes les voies de recours.
Le durcissement s’inscrit dans un contexte sécuritaire et sanitaire jugé préoccupant. Au premier semestre 2026, les unités de l’Armée nationale populaire ont arrêté 1 092 narcotrafiquants et saisi 156,5 quintaux de kif traité, plus de 730 kilogrammes de cocaïne et près de 25,6 millions de comprimés psychotropes. Début octobre, à Béchar, deux tentatives d’introduction de 1 660 kilogrammes de kif traité ont été déjouées, et un narcotrafiquant a été neutralisé. Sur le plan de la santé publique, plus de trois millions de personnes souffraient d’addiction en 2024, selon des chiffres attribués à l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie.
Les pouvoirs publics ont par ailleurs multiplié les décisions de fond. Réuni le 2 septembre sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, le Haut Conseil de sécurité a ordonné la transformation d’une caserne de l’ANP au Tanezrouft, dans l’extrême sud-ouest du pays, en prison de haute sécurité destinée aux barons de la drogue. La création d’un organe sécuritaire spécialisé dans la lutte antidrogue, sur le modèle de la DEA américaine, a été décidée le même jour. Une réunion tenue le 8 septembre a fait le point sur l’avancement des travaux et sur les modalités de réception de l’établissement, appelé à passer sous la tutelle du ministère de la Justice.
Massinissa Raïs

