Les exportations hors hydrocarbures ont augmenté de 10 % cette année : Objectif 5 milliards d’ici la fin 2026
Les ventes algériennes hors pétrole et gaz frôlent déjà la barre des 4 milliards de dollars sur les huit premiers mois de l’année. Un responsable du commerce extérieur annonce un objectif de 5 milliards à fin décembre et met en avant la percée de l’agroalimentaire, dont les exportations bondissent de 15 %.
Les exportations algériennes hors hydrocarbures ont franchi un cap symbolique. « La valeur des exportations hors hydrocarbures a augmenté de 10 % pour atteindre quatre milliards de dollars durant les huit premiers mois de 2026 », a déclaré dimanche Zohir Moussaoui, directeur central au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, sur les ondes de la Chaîne Une de la Radio algérienne. Le même responsable table sur 5 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. Pour M. Moussaoui, l’enjeu dépasse la simple course aux chiffres. L’essentiel, a-t-il expliqué, est de maintenir la dynamique et de la rendre durable, afin que les ventes hors hydrocarbures contribuent à réduire le déficit de la balance commerciale ou, à tout le moins, à compenser une part significative des importations.
L’agroalimentaire tire une bonne partie de cette progression. Entre janvier et août, l’Algérie a vendu à l’étranger pour 213 millions de dollars de produits alimentaires, soit 15 % de plus qu’à la même période de 2025. Biscuits, chocolat, fromages, huile d’olive, conserves, margarine, sauces et épices figurent parmi les articles qui trouvent preneur sur les marchés extérieurs. Les confiseries, sucrées comme sèches, atteignent désormais une trentaine de pays.
Le responsable y voit le fruit d’une production nationale qui a gagné en maturité. Dans plusieurs filières, le pays a atteint l’autosuffisance, notamment pour les boissons, les pâtes, les biscuits, les confiseries et certaines préparations alimentaires comme les sauces. Cette disponibilité locale constitue, selon lui, une valeur ajoutée pour le marché national, d’autant que les prix mondiaux connaissent une hausse progressive. Développer la production nationale permet de répondre aux besoins des consommateurs et de réduire la dépendance à l’égard des importations. L’exemple des biscuits illustre ce basculement. L’Algérie importait autrefois pour 28 millions de dollars de ces produits, avant que le marché ne connaisse « une expansion de l’offre de produits locaux et l’émergence de nombreuses marques algériennes, caractérisées par une qualité et une compétitivité croissantes », a rappelé M. Moussaoui.
Les produits algériens sont aujourd’hui écoulés en Asie, en Amérique, en Europe et en Afrique, et l’ambition est d’élargir encore cette présence. Pour y parvenir, les autorités misent sur les foires internationales, qui permettent un contact direct entre entreprises algériennes, clients et partenaires potentiels, mais aussi sur les conseils d’affaires et la mobilisation des ambassades algériennes ainsi que des représentants diplomatiques accrédités à Alger. Dans cette optique, l’Algérie prépare sa participation à un salon prévu au Sénégal, dont elle a été choisie invitée d’honneur, une occasion de renforcer les relations commerciales avec Dakar et d’ouvrir la porte des marchés d’Afrique de l’Ouest.
L’intervention du responsable est intervenue au lendemain de l’ouverture, à Blida, d’une exposition de produits agroalimentaires placée sous le slogan « Made in Algeria », en présence de représentants diplomatiques de plus de 20 pays. Il y voit un outil précieux pour faire connaître les capacités productives du pays, promouvoir la qualité et la diversité de ses produits et soutenir la souveraineté économique.
Amar Malki

