À la UneÉconomie

Il se lance dans la production de véhicules de tourisme : Tirsam négocie avec des constructeurs mondiaux

Reçu samedi par le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, le groupe Tirsam envisage d’étendre son projet de construction mécanique aux voitures de tourisme. L’audience intervient trois jours après l’examen par le gouvernement d’un nouveau mécanisme de calcul du taux d’intégration.

Tirsam change de braquet. Connu jusqu’ici pour ses camions, ses bus et ses équipements agricoles, le constructeur algérien vise désormais la voiture de tourisme et affirme mener « des négociations avec des constructeurs mondiaux en vue d’établir un partenariat pour développer une industrie intégrée de véhicules touristiques ». C’est ce que révèle un communiqué du ministère de l’Industrie, publié à l’issue de la rencontre de samedi entre Farid Kourtel et une délégation de la société. Les échanges ont porté sur l’avancement du projet d’investissement actuel et sur le taux d’intégration locale atteint. Ils ont aussi servi à « l’étude de la possibilité d’élargir le projet pour inclure la production de véhicules touristiques, ou de lancer un nouveau projet d’investissement indépendant dans ce domaine », précise le ministère. Le ministre a insisté sur la nécessité de relever le taux d’intégration et de renforcer le réseau national de sous-traitance, pour soutenir l’industrie nationale et réduire la facture des importations.

Le moment n’est pas anodin. Mercredi dernier, le gouvernement, réuni sous la présidence du Premier ministre Sifi Ghrieb, a entendu une communication sur le mécanisme proposé pour calculer et évaluer le taux d’intégration dans les industries des véhicules lourds et légers et des téléphones mobiles. L’idée est de cerner « la composante matérielle réelle » et les processus industriels réalisés localement, afin de dépasser le simple assemblage. Ce mécanisme prolonge l’installation en février d’un groupe de travail intersectoriel chargé d’élaborer le référentiel national d’intégration pour les voitures, les autobus et les motocycles.

Fondée en 2008 à Batna, Tirsam a élargi sa palette ces dernières années. Le groupe a présenté en 2025 son premier camion fabriqué localement, puis lancé des mini camions proposés à 185 millions de centimes en version simple cabine et 225 millions en double cabine. Il a aussi engagé l’importation de 1 000 bus pour le transport public, dont une cargaison de 276 unités réceptionnée au port de Djen Djen. En août, son usine de Batna a vu sortir le 3 000e camion lourd, en présence du P-DG de Sinotruk, Liu Zhengtao, pour qui le site deviendra l’une des plus grandes usines du groupe hors de Chine.

Côté filière, les pouvoirs publics répètent vouloir bâtir une industrie automobile durable, adossée au transfert de technologie et à un tissu de sous-traitants capable de fournir pièces et composants. Plusieurs marques mondiales ont obtenu des autorisations préalables et cinq demandes d’agrément ont été déposées pour ouvrir des usines de véhicules, selon le bilan ministère datant de février, certains projets butant sur le foncier industriel.

Amar Malki

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *