Recrutement dans l’éducation nationale : Deux ans de prison ferme pour l’ex-chef du personnel à Annaba
Le tribunal correctionnel d’Annaba a condamné l’ancien responsable du service du personnel de la direction de l’Éducation de la wilaya à deux ans de prison ferme, dans une affaire portant sur des soupçons d’irrégularités dans la gestion des recrutements, des promotions, des nominations et des mutations. Selon une source juridique, le verdict est tombé très tard dans la soirée du jeudi. Le mis en cause avait été entendu, avec plusieurs cadres et anciens fonctionnaires du secteur, après avoir été évincé de son poste. Selon notre source, les investigations ont porté sur plusieurs opérations controversées, et la question du respect des règles de transparence et du principe du mérite demeure au cœur de cette affaire. Celle-ci a été prise en charge par les enquêteurs du groupement territorial de la Gendarmerie nationale d’Annaba et a abouti à des poursuites contre plusieurs anciens cadres et employés. Les services de sécurité ont, au titre des investigations, examiné de nombreuses opérations, notamment sous l’angle du respect des procédures légales et réglementaires. Au final, c’est le doute qui l’a emporté, puisqu’il a été découvert des agissements loin de tout professionnalisme. L’élaboration des listes de candidats et de lauréats, le traitement des dossiers de promotion et de nomination, ainsi que l’application des instructions ministérielles qui imposent la transparence et le principe du mérite dans l’accès aux postes, n’ont pas été respectés. Parmi les dossiers les plus marquants figure celui du recrutement de 16 enseignants en dehors de la plateforme numérique officielle, dans des conditions soupçonnées de contrevenir aux instructions qui obligent à respecter le classement au mérite et à garantir l’égalité des chances entre les candidats. Les investigations ont porté sur les circonstances de l’opération et sur le traitement des dossiers, afin de déterminer les responsabilités. Les enquêteurs ont également examiné le dossier du recrutement afin de vérifier d’éventuels recrutements de proches de responsables, a détaillé notre source. Au titre de cette affaire, plusieurs anciens cadres ont été entendus au sujet de nominations ayant soulevé des interrogations, dont celle de l’épouse de l’une des parties concernées, recrutée alors que son nom ne figurait pas sur les listes des admis. Un autre recrutement a aussi été examiné au regard des conditions et des critères en vigueur. Autre dossier examiné par les services de sécurité, celui d’une femme résidant en France, soupçonnée d’avoir continué à percevoir son salaire malgré son séjour à l’étranger, sans que le versement ait été suspendu ni sa situation régularisée. Au terme de longues investigations, le dossier a été ficelé et le prévenu a été déféré par-devant le magistrat instructeur, qui a ordonné son placement sous contrôle judiciaire, avant son passage devant la barre du tribunal correctionnel d’Annaba.
S.C.

