Un budget de 270 milliards de dinars pour la Solidarité nationale en 2027 : Une première enquête nationale sur le handicap
Les crédits du secteur progressent de plus de 5 %, selon la ministre Soraya Mouloudji, qui a annoncé devant les députés une enquête scientifique d’envergure sur le handicap et des réductions inédites sur les logements sociaux en location-vente.
L’Algérie lancera en 2027 sa première enquête nationale sur le handicap, dotée de 140 millions de dinars. C’est l’une des annonces phares faites dimanche par la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mme Soraya Mouloudji, devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2027. Présentée comme « le premier projet scientifique national d’envergure » du secteur, cette enquête vise à « constituer une base de données de référence précise sur laquelle pourront s’appuyer les futures politiques publiques, selon une approche professionnelle rigoureuse », a précisé la ministre. Pour les personnes aux besoins spécifiques, le programme dédié bénéficiera de 35 milliards de dinars de crédits de paiement, en hausse de 9 % par rapport à 2026.
Mme Mouloudji a également mis en avant une mesure à forte portée humaine avec des réductions directes sur les prix de location-vente des logements sociaux, au profit des personnes dont le taux d’incapacité est de 100 %, pour un montant de 848 millions de dinars. « Un acquis exceptionnel renforçant les fondements d’une vie stable pour cette catégorie », a-t-elle souligné.
Sur le plan global, les autorisations d’engagement passent de 255 milliards de dinars en 2026 à 270 milliards en 2027, tandis que les crédits de paiement grimpent de 258 à 272 milliards de dinars. Ces hausses « traduisent les efforts de l’Etat en faveur de la solidarité nationale », a affirmé la ministre. Le budget se déclinera en quatre programmes principaux. Outre celui consacré aux personnes aux besoins spécifiques, la protection et la promotion de la famille, de la femme, de l’enfance et des personnes âgées recevra 15 milliards de dinars, dont 532 millions destinés aux opérations de solidarité saisonnières. Le développement social et l’action humanitaire absorberont 209 milliards de dinars, dont 18 milliards pour la prime de scolarité. Le programme d’administration générale, lui, est doté de 14,66 milliards de dinars.
Le secteur prévoit en 2027 une série de projets et d’opérations structurelles, estimées à 92 opérations et aides à l’investissement public. La ministre a indiqué qu’une plateforme numérique spécialisée a été lancée la semaine dernière afin de « moderniser le système de gestion des projets d’investissement et renforcer leurs mécanismes de contrôle et d’évaluation ». En conclusion, Mme Mouloudji a inscrit ce budget dans « une référence politique et de développement claire, faisant du citoyen algérien l’axe essentiel des politiques publiques », dans le cadre de la mise en œuvre du programme du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et de ses orientations « visant à préserver la dignité du citoyen et à renforcer la protection sociale ».
À l’ouverture de la réunion, présidée par M. Abdelhafid Brima, la commission a salué le rôle du secteur dans la mise en œuvre de la politique sociale de l’Etat. Après l’exposé, les membres de la commission ont soulevé de nombreuses préoccupations notamment concernant l’avancement de la numérisation du secteur et interconnexion des bases de données pour garantir la transparence dans la gestion des aides et la vérification de l’éligibilité des bénéficiaires, accompagnement des femmes bénéficiaires de microcrédits, prise en charge des personnes âgées malades ou grabataires, hausse du nombre d’ayants droit à l’allocation forfaitaire pour les maladies chroniques, ou encore création d’un centre pour l’autisme. Les élus ont aussi évoqué l’encombrement des centres psychopédagogiques dans certaines wilayas, les projets gelés ou non lancés, ainsi que les causes et conséquences du divorce et du khol’a.
Lyna Larbi

