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Iran : « Guerre ou pas, notre politique restera la même », prévient Araghchi

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé dimanche 25 octobre qu’une reprise des hostilités avec l’entité sioniste et les États-Unis ne modifierait pas la politique de l’Iran, alors que les négociations entre Téhéran et Washington restent dans l’impasse. « Ces derniers temps, on parle d’une nouvelle guerre (…) Qu’il y ait guerre ou non, notre politique restera la même », a-t-il déclaré lors d’un discours à Téhéran, diffusé par la télévision d’État.

Ces propos interviennent dans un climat de forte tension. Le conflit, déclenché fin février par une attaque israélo-américaine sur Téhéran, avait connu une accalmie avec un cessez-le-feu en avril, puis la signature en juin d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis. Des frappes continuent toutefois d’être signalées dans le détroit d’Ormuz et aux alentours. Ces derniers jours, Washington et Israël, où des élections doivent se tenir prochainement, ont multiplié les menaces de frappes contre la République islamique. Vendredi, le président américain Donald Trump a laissé entendre que les États-Unis pourraient relancer des opérations militaires, sans en préciser le calendrier.

Téhéran réclame un retour au protocole d’accord, qui prévoit notamment le déblocage d’avoirs iraniens gelés et la levée des sanctions américaines, dont l’économie iranienne subit de plein fouet les effets. Au cœur du bras de fer se trouve le détroit d’Ormuz, par où transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux. Les attaques contre des navires s’y sont multipliées ces derniers jours, l’Iran cherchant, selon des analystes, à démontrer que sa capacité à perturber le trafic maritime reste intacte. La République islamique revendique le contrôle de cette voie, tandis que Washington impose en retour un blocus des ports iraniens.

Abbas Araghchi s’est exprimé à l’occasion de l’inauguration, à l’Institut d’études politiques et internationales (IPIS) du ministère des Affaires étrangères, d’un centre d’archives consacré à Seyed Kamal Kharrazi, selon l’agence iranienne IRNA. Il y a estimé que les conflits de 2025 et 2026 avaient transformé la donne sécuritaire régionale, au point que la situation « ne sera plus jamais comme avant ». Selon lui, les bases américaines implantées dans la région n’ont pas pu assurer la sécurité des États hôtes. Le ministre a réaffirmé l’attachement de Téhéran au bon voisinage, tout en accusant Israël d’être le principal facteur d’instabilité régionale. Il a salué les initiatives de sécurité régionale et réclamé le retrait des forces extrarégionales. Sur Ormuz, M. Araghchi a assuré que l’Iran et Oman, riverains du détroit, en avaient longtemps garanti la libre circulation, mais que « la gestion ne sera plus celle d’autrefois ». Certains dossiers ont fait l’objet de négociations, qui se poursuivront, a-t-il ajouté. Prévenant que « s’ils veulent recommencer, ils savent qu’ils n’obtiendront aucun autre résultat que ceux du passé », il a rappelé que l’Iran avait déjà subi des frappes israéliennes et américaines en juin 2025.

R.I.

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