Mondiaux de gymnastique : Kaylia Nemour double la mise à la poutre
24 heures après son sacre aux barres asymétriques, la gymnaste algérienne a récidivé à la poutre en s’offrant une deuxième médaille d’or à Rotterdam. Une revanche en or massif, après la déception du concours général.
Kaylia Nemour n’a décidément pas fini de faire vibrer le drapeau algérien sur les praticables néerlandais. Dimanche, la championne olympique de 19 ans a décroché l’or à la poutre lors des Mondiaux 2026 de gymnastique artistique, avec une note de 14,566 points (6,300 en difficulté et 8,266 en exécution). Il s’agit de sa deuxième médaille d’or dans ces championnats du monde, après celle remportée samedi aux barres asymétriques. Sur le podium, la Chinoise Zhang Qingying a terminé deuxième avec le même total de 14,566 points, mais avec une note de difficulté plus élevée (6,500) et une exécution moins aboutie (8,066). À égalité au total, les deux gymnastes ont été départagées par la qualité de l’exécution, et c’est l’Algérienne qui monte sur la plus haute marche, devant la Brésilienne Flavia Saraiva, troisième avec 14,300 points. Une nette progression pour la jeune Algérienne sur cet agrès, elle qui avait pris l’argent à la poutre aux Mondiaux de Jakarta (Indonésie) en 2025. 48 heures plus tôt, la porte-drapeau de la gymnastique algérienne avait pourtant digéré une soirée amère. Favorite du concours général, vendredi, elle avait échoué au pied du podium, à la quatrième place avec 54,998 points, après une erreur au saut de cheval qui l’avait laissée «très déçue». L’or était revenu à l’Américaine Skye Blakely (55,733), devant la Russe Liudmila Roshchina, engagée sous bannière du CIO (55,199), et la Chinoise Ke Qinqin (55,032). Mais Nemour, fidèle à son tempérament de battante, a vite tourné la page.
Samedi, elle a repris les choses en main aux barres asymétriques, son agrès fétiche, celui qui lui avait offert l’or olympique à Paris en 2024. Avec 15,333 points (7,000 en difficulté et 8,333 en exécution), elle a conservé son titre mondial, un deuxième sacre consécutif sur cet appareil, douze mois après celui de Jakarta, qui efface la frustration de la veille. L’Allemande Helene Kevric a pris l’argent avec 14,833 points, et l’Américaine Skye Blakely le bronze avec 14,600 points. Avec 500 millièmes d’avance sur sa dauphine, l’Algérienne a signé une démonstration de maîtrise.
Cette régularité au plus haut niveau force le respect et fait d’elle une source d’inspiration pour de nombreuses jeunes gymnastes, en Afrique comme dans le monde arabe. Championne olympique à Paris, médaillée d’argent aux Mondiaux d’Anvers en 2023, titrée à Jakarta puis à Rotterdam, la jeune gymnaste s’est installée parmi les références mondiales de sa discipline. Cette poutre était sa troisième et dernière finale de la quinzaine néerlandaise, après le concours général et les barres. Elle avait d’ailleurs donné le ton dès les qualifications, en surclassant ses concurrentes lors de la cinquième subdivision.
Sur le plan collectif, la délégation algérienne a aussi marqué son passage. L’équipe nationale féminine, qui signait une participation historique à ce rendez-vous, a pris la 20e place au classement général avec 151,996 points. Six athlètes avaient fait le déplacement aux Pays-Bas avec Adam Cogat chez les messieurs, ainsi que Djenna Laroui, Louna H’Mames Moallic, Sihem Hamidi, Lena Khenoun et Kaylia Nemour chez les dames. Un bilan qui, au-delà des médailles, offre une belle visibilité à la gymnastique nationale sur la scène internationale.
Moncef Dahleb

