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Prix des produits de base et lutte contre la spéculation : Le Gouvernement met les walis en première ligne

Une semaine après les décisions du Conseil des ministres, le Premier ministre Sifi Ghrieb a fait le point sur leur application. Les walis reçoivent délégation pour piloter la régulation du marché dans leurs wilayas, avec des mesures dissuasives contre les spéculateurs. 

Les walis passent en première ligne dans la bataille des prix. Réuni dimanche sous la présidence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, le Gouvernement a passé en revue les mesures prises pour appliquer les décisions du président de la République sur la régulation du marché des produits alimentaires et agricoles de large consommation. Le dispositif repose, selon le communiqué des services du Premier ministre, sur « la délégation aux walis de la République d’opérations de gouvernance et l’activation de tous les mécanismes qui s’y rattachent ». Cette délégation s’exerce en coordination directe et permanente avec les administrations centrales concernées. Le but est de garantir, d’après le même document, « la disponibilité des produits de base à des prix acceptables ». Pour y parvenir, l’Exécutif veut un « contrôle optimal de toutes les données et informations qui influent sur la fluidité et la transparence du flux des marchandises du producteur au consommateur ». Le communiqué précise qu’une série de rencontres directes a réuni les représentants des filières agricoles et des organisations commerciales qui interviennent dans les chaînes d’approvisionnement du marché national. Le volet répressif n’est pas oublié, puisqu’il s’agit de « combattre toutes les formes de spéculation illicite, avec l’adoption de toutes les mesures dissuasives en coordination avec les services de sécurité et les autorités judiciaires, afin de préserver le pouvoir d’achat du citoyen ».

Ces orientations découlent du Conseil des ministres du 18 octobre, au terme duquel le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné sept mesures immédiates. Il a demandé un texte qui encadre strictement l’activité des intermédiaires entre producteurs et consommateurs et chargé le Premier ministre d’ouvrir une enquête sur le rôle de certains importateurs dans la monopolisation et la hausse des prix des viandes importées. Le ministre de l’Intérieur doit mettre en place, avec les walis, un mécanisme d’achat des excédents locaux, de stockage puis de remise sur le marché dès les premiers signes de fluctuation. Le ministère du Commerce intérieur doit concevoir un plafonnement des prix et des marges pour les légumes, les légumineuses, les pâtes et les viandes. Les directeurs du commerce assureront un suivi local quotidien sous la responsabilité des walis, les brigades de contrôle seront renforcées avec des sorties quotidiennes toute l’année, et une base de données numérique servira de système d’alerte en cas de hausse anormale.

La mise en œuvre a pris de la vitesse durant la semaine écoulée. Mardi, le Premier ministre a présidé un Conseil interministériel conjoint consacré à l’adhésion des mandataires des marchés de gros de fruits et légumes au nouveau dispositif de suivi quotidien. Mercredi, le directeur central au ministère du Commerce intérieur, Noureddine Haridi, a annoncé sur les ondes de la Radio algérienne le lancement d’une plateforme numérique unifiée de détection des hausses anormales, la publication des prix de gros et de détail sur les sites du ministère et le renforcement de la facturation obligatoire pour les produits agricoles. Il a évalué à 17 milliards de dinars la fraude et l’évasion de facturation relevées lors des contrôles.

Le Gouvernement avait déjà ouvert le chantier au début du mois. Le 1er octobre, Sifi Ghrieb avait réuni les représentants de plusieurs filières agricoles et annoncé la tolérance zéro envers les spéculateurs, le plafonnement du prix de la pomme de terre, un couloir vert pour les intrants importés et une cellule de veille mensuelle placée sous la supervision des walis. 

Habitat en zones forestières

Au deuxième point de son ordre du jour, le Gouvernement a écouté les résultats de l’atelier d’experts chargé de préparer le projet de loi sur les normes de l’habitat en zones forestières, en exécution des instructions données par le chef de l’État le 30 août 2026. La genèse du texte remonte aux incendies qui ont frappé plusieurs wilayas de l’Est et du Centre au mois d’août. Lors de la réunion du 30 août, le président de la République avait demandé une étude spécialisée en vue d’élaborer une loi fixant les critères de construction dans ces zones. Le Premier ministre en avait détaillé les suites le 1er septembre dans un plan en cinq points, puis installé le 16 septembre la commission chargée du dossier, en insistant sur une concertation élargie et une approche participative. Le ministre de l’Habitat, Mohamed Tarek Belaribi, a ensuite réuni les membres de cette commission pour tenir les délais.

Le communiqué de la Primature précise que le projet de loi vise « principalement à protéger les personnes et les biens contre le risque d’incendies et à faciliter les procédures de terrain des différentes opérations d’intervention ».

La réunion a également porté sur le cadre de référence des normes techniques et architecturales du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels, qui doit uniformiser la conception et l’équipement des établissements et en rationaliser les coûts de réalisation. Pour finir, au titre du renforcement de la sécurité hydrique, les ministres ont examiné le suivi et le contrôle des travaux de raccordement en aval des nouvelles stations de dessalement d’eau de mer.

Samir Benisid

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