Sur fond de menace d’une reprise de la guerre : Riyad, Ankara et Islamabad dépêchent leurs émissaires à Téhéran
De hauts responsables saoudiens, turcs et pakistanais se sont rendus lundi à Téhéran pour des discussions avec les autorités iraniennes de sécurité régionale, alors que les houthis continuent de frapper l’Arabie saoudite et que Washington se tiendrait prêt à de nouvelles opérations contre l’Iran.
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, et le chef du renseignement turc, Ibrahim Kalin, étaient attendus lundi à Téhéran pour des pourparlers sur la sécurité régionale, ont indiqué des responsables iraniens, saoudiens et des sources de sécurité turques. L’annonce a été faite par Ali Bagheri, secrétaire adjoint du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, qui a indiqué à la télévision d’État que ces responsables, membres de l’Alliance de La Mecque, se rendraient dans la capitale iranienne pour promouvoir un cadre de sécurité régionale en Asie de l’Ouest. Selon lui, les visiteurs rencontreront Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. M. Bagheri a également affirmé que l’Iran s’oppose à toute intervention ou influence de puissances extérieures dans la région. Des sources de sécurité turques ont confirmé à l’agence Anadolu la participation de M. Kalin, qui dirige l’Organisation nationale du renseignement (MIT).
Le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères chargé de la diplomatie publique, Raid Krimly, a confirmé le déplacement sur le réseau X. Les délégations s’entretiendront aussi avec le président iranien, Massoud Pezeshkian. M. Krimly a présenté cette visite comme faisant partie des efforts des membres de l’Alliance pour apaiser les tensions, dans le contexte d’une crise persistante entre les États-Unis et l’Iran. Les discussions viseront à promouvoir le dialogue et les solutions diplomatiques, en soutenant les efforts de médiation du Qatar et du Pakistan. Une délégation qatarie s’était rendue à Téhéran dimanche.
Pour l’Arabie saoudite, l’enjeu est pressant. Selon l’AFP, le royaume a de nouveau été visé lundi par les houthis du Yémen, alliés de l’Iran. Les forces saoudiennes ont dit avoir intercepté un missile balistique, tandis que les houthis ont revendiqué une frappe sur l’aéroport de Riyad, ainsi qu’une opération de drones contre des stations de pompage de l’oléoduc Est-Ouest. L’aéroport de la capitale, fermé après une frappe meurtrière à la mi-octobre, peine à rouvrir, et plusieurs grands événements internationaux ont été annulés ou reportés.
Dans le même temps, les tensions s’accentuent entre Washington et Téhéran. Selon CNN, qui cite des responsables américains, l’armée des États-Unis est prête à mener de nouvelles opérations « majeures » contre l’Iran, y compris contre des sites nucléaires et énergétiques, dans les 96 heures suivant un éventuel ordre du président Donald Trump. Cet ordre pourrait intervenir après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, mais aucune décision n’aurait été prise. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a pour sa part affirmé que la politique de son pays resterait inchangée, guerre ou non.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a pour sa part appelé depuis Le Caire à « mettre fin à l’escalade », estimant que les conséquences d’une double attaque massive, contre l’Iran puis contre les pays du Golfe, seraient « inimaginables ». Lyes Saïdi

