Mise en service d’une unité de lubrifiants à Oum El Bouaghi : « IK OIL » table sur une production de 100 000 tonnes
Le tissu industriel national vient de se renforcer avec la mise en service d’une nouvelle unité spécialisée dans la fabrication et le conditionnement de lubrifiants. Implantée à Aïn M’lila (Oum El Bouaghi), l’usine du groupe « IK OIL » a été inaugurée ce jeudi à l’occasion de la visite de travail du ministre de l’Industrie, Farid Kourtel. Mobilisant un investissement initial de 1,2 milliard DA, cette nouvelle infrastructure industrielle démarre avec une capacité annuelle de 25 000 tonnes. L’unité prévoit toutefois d’accroître ses volumes de production, avec un objectif de 100 000 t/an d’ici deux à trois ans, ce qui représenterait une multiplication par quatre de ses volumes initiaux, soit une hausse de 300 %. Une augmentation qui devrait permettre de renforcer progressivement l’offre nationale en huiles moteur et autres lubrifiants destinés notamment à l’entretien du parc automobile.
Ce projet ambitieux présente également des perspectives socio-économiques pour la région. En matière d’emploi, le projet génère dans sa phase initiale 73 emplois directs et vise à terme un effectif de 207 salariés, soit la création supplémentaire de 134 postes lors de la phase de montée en puissance. À ces postes directs devraient s’ajouter plus de 400 emplois indirects liés aux activités de sous-traitance, de manutention et de distribution. Sur le plan économique, l’implantation de l’usine est susceptible de soutenir plusieurs activités connexes, notamment dans les domaines du transport, de la logistique, de l’emballage et de la maintenance automobile.
Lors de la visite des installations, le ministre de l’Industrie a insisté sur la nécessité d’augmenter les cadences de production tout en veillant au respect des exigences techniques et qualitatives. L’objectif est de répondre davantage à la demande du marché et de contribuer à la réduction de l’importation de ces consommables essentiels à la préservation et au fonctionnement du parc automobile national. Car le développement des capacités industrielles et l’amélioration de la qualité constituent des conditions essentielles pour renforcer la compétitivité des produits fabriqués localement. Dans cette perspective, l’exportation figure parmi les ambitions affichées autour de ce projet.
Si l’augmentation des capacités de production jette les bases d’une plus grande autonomie, la réussite de cette stratégie de substitution dépendra de plusieurs facteurs opérationnels déterminants. D’une part, l’entreprise devra garantir la régularité des approvisionnements et proposer une gamme diversifiée, répondant aux normes internationales, à des prix compétitifs pour emporter l’adhésion des consommateurs. D’autre part, la part exacte des matières premières importées, comme les bases lubrifiantes ou les additifs, par rapport aux composants locaux n’ayant pas été précisée lors de l’inauguration, le calcul exact de l’économie nette en devises pour le Trésor public reste prématuré. Les volumes effectivement écoulés sur le marché dépendent enfin de la maîtrise des chaînes de conditionnement et de la pénétration des réseaux de distribution.
Zakia Merabet

