Forum d’affaires algéro-tchèque : Prague salue le rôle pivot de l’Algérie l’Afrique et l’Europe
À l’ouverture du forum d’affaires algéro-tchèque, le Premier ministre tchèque Andrej Babis a salué le rôle de l’Algérie comme un acteur central de la sécurité énergétique européenne. Son homologue Sifi Ghrieb a de son côté appelé à explorer de nouveaux champs de coopération, alors que les échanges bilatéraux ont plus que doublé entre 2024 et 2025.
Le Premier ministre de la République tchèque, Andrej Babis, a souligné lundi à Alger le rôle stratégique de l’Algérie dans la liaison entre l’Europe et l’Afrique. Intervenant au forum d’affaires algéro-tchèque, qu’il a coprésidé avec le Premier ministre, Sifi Ghrieb, il a affirmé que l’Algérie compte « parmi les plus importants partenaires de son pays en Afrique du Nord et dans la région méditerranéenne, en tant que plus grand pays africain, marché dynamique et en croissance, et partenaire stratégique jouant un rôle central dans la liaison entre l’Europe et l’Afrique ». M. Babis a insisté sur la « place particulière » qu’occupe l’Algérie, « puissance économique africaine et producteur majeur d’énergie », dont l’apport à « la stabilité régionale et au développement économique » est reconnu à Prague. Il a salué son rôle dans le « renforcement de la sécurité énergétique de l’Europe, notamment à travers la coopération croissante entre les partenaires tchèques et algériens dans les secteurs du gaz et des mines ».
Le chef du gouvernement tchèque a cité deux exemples de cette dynamique, le partenariat entre le groupe énergétique tchèque CEZ et Sonatrach, ainsi que la coopération entre les services géologiques des deux pays. Selon lui, ces deux dossiers illustrent la capacité de l’Algérie et de la République tchèque à « travailler ensemble, à relever des défis stratégiques et à créer de nouvelles opportunités économiques ». Il a ajouté que l’intérêt marqué des entreprises tchèques pour ce forum traduit leur confiance dans le potentiel économique de l’Algérie et leur engagement en faveur d’un partenariat de long terme, tout en confirmant leur disposition à apporter leur savoir-faire et leurs solutions innovantes dans les secteurs concernés.
Sur le plan politique, M. Babis a rappelé la profondeur des liens entre les deux pays, fondés sur le respect mutuel, la confiance, les échanges entre les peuples et une coopération historique, avec plus de six décennies de relations étroites dans de nombreux domaines. Il a résumé l’état d’esprit de sa visite en ces termes. « Nos deux pays ne cherchent pas seulement à bâtir une nouvelle relation, ils veulent renouveler et moderniser un partenariat qui existe depuis des générations. »
Explorer de nouveaux domaines de coopération
Pour sa part, M. Ghrieb a souligné la nécessité d’intensifier les efforts afin d’encourager les initiatives conjointes et d’explorer de nouveaux domaines de coopération, de manière à hisser les relations économiques à des niveaux « plus ambitieux », à la faveur des « relations historiques privilégiées » qui unissent les deux pays. Cette nouvelle étape, a-t-il dit, « exige d’intensifier les efforts pour encourager les initiatives conjointes et explorer de nouveaux domaines de coopération à même de hisser nos relations économiques à des niveaux plus ambitieux et plus durables ». Le Premier ministre a rappelé « l’évolution notable des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des dernières années », passés « d’environ 139 millions de dollars en 2024 à près de 323 millions de dollars en 2025 ». Il a toutefois estimé que « ces résultats, aussi importants soient-ils, demeurent en deçà des potentialités disponibles et des ambitions communes », ajoutant que « la structure des échanges ne reflète pas la grande diversité des opportunités que pourrait offrir la coopération économique conjointe ». À ses yeux, « la coopération économique entre les deux pays recèle encore d’importantes potentialités et des opportunités prometteuses qui n’ont pas encore été pleinement exploitées ».
M. Ghrieb a mis en avant la complémentarité entre les deux économies. « La complémentarité entre les atouts économiques et les ressources stratégiques dont dispose l’Algérie, d’un côté, et l’expertise industrielle et technologique exceptionnelle accumulée par la République tchèque, de l’autre, est à même d’ouvrir de nouvelles perspectives à des partenariats de qualité et à des projets communs à forte valeur ajoutée », a-t-il poursuivi.
Il a ensuite déroulé les secteurs ouverts aux investisseurs tchèques, à savoir « les secteurs industriels, l’industrie automobile, l’agriculture et l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique, les énergies renouvelables, les mines, le tourisme, la pêche, l’économie numérique et les technologies de l’information et de la communication ». Selon lui, « ces secteurs sont prioritaires dans la stratégie nationale de développement économique ». Il a précisé que ces opportunités s’inscrivent dans les réformes engagées conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui ont permis de consolider les fondements de l’économie nationale, d’améliorer le climat des affaires et d’élargir les perspectives d’investissement. Revenant sur le contexte de la rencontre, le Premier ministre a indiqué que le forum intervient au moment où « les relations bilatérales connaissent une dynamique portée par une volonté politique commune de hisser la coopération économique au niveau des relations historiques privilégiées unissant les deux pays ». Il s’est félicité de ces liens, forgés dans le soutien apporté par la Tchécoslovaquie à la glorieuse Révolution de libération, puis élargis après l’indépendance à de multiples domaines, dont l’économie. M. Ghrieb a enfin évoqué les mémorandums d’entente signés plus tôt dans la journée dans les secteurs des mines, de la culture et de la protection civile, en soulignant leur rôle dans l’élargissement du champ de la coopération bilatérale et le renforcement du cadre juridique qui la régit.
Samir Benisid

