In-Salah : 15 000 hectares pour faire germer les cultures stratégiques
Un périmètre agricole de 15 000 hectares sera prochainement créé dans la wilaya d’In-Salah au profit des investisseurs. L’opération, annoncée par la direction des services agricoles, s’inscrit dans la politique nationale de développement des cultures stratégiques et de l’agriculture saharienne.
Un périmètre agricole de 15 000 hectares sera prochainement créé dans la wilaya d’In-Salah pour accueillir des investisseurs, afin d’étendre les superficies consacrées aux cultures stratégiques, a appris l’APS, mardi, auprès de la direction locale des services agricoles (DSA). Les investisseurs désireux d’obtenir des terres pour réaliser leurs exploitations pourront s’inscrire via la plateforme numérique de l’Office national des terres agricoles (ONTA). Selon le directeur des services agricoles, Abdelaziz Zenigla, cette opération devrait ouvrir de nouvelles perspectives au potentiel productif de la wilaya et contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire. Le même responsable a fait état de démarches engagées pour créer des périmètres dédiés à la tomate industrielle, parallèlement à la réalisation d’une unité de transformation de ce produit. Une fois concrétisés, ces projets permettront, a-t-il expliqué, de renforcer l’intégration entre production agricole et transformation industrielle, d’absorber les excédents de récolte et d’encourager l’investissement dans des filières à forte rentabilité économique. Ils visent aussi à valoriser les potentialités agricoles de la wilaya et à diversifier la production, notamment la céréaliculture et la tomate industrielle. Cette annonce prolonge une orientation devenue l’un des piliers de la stratégie agricole du pays. Pour réduire sa dépendance aux importations et consolider sa sécurité alimentaire, l’Algérie mise sur les cultures dites stratégiques, au premier rang desquelles le blé, le maïs grain, les légumes secs et les oléagineux, avec le Sud comme principal terrain d’expansion. C’est dans cette logique qu’a été institué, en 2021, l’Office de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes (ODAS), chargé de lever les obstacles à l’accès au foncier. Une plateforme numérique permet depuis aux candidats de déposer leur dossier à distance.
Les chiffres témoignent de l’intérêt suscité. En 2022, le ministre de l’Agriculture avait indiqué que 230 000 hectares avaient été mis à la disposition des investisseurs dans le cadre de ce programme, avec plus de 3 000 demandes enregistrées sur la plateforme. À Ghardaïa, plus de 16 000 hectares avaient été mobilisés, en 2023, dans la zone de Mansoura. Des partenaires étrangers, italiens, qataris, turcs ou saoudiens, se sont également positionnés sur ce créneau. Les pouvoirs publics ont par ailleurs resserré les règles pour orienter les investissements vers les filières prioritaires. Des plans de culture triennaux sont désormais exigés des investisseurs, afin d’éviter que certains ne se tournent vers des productions jugées plus rémunératrices, au détriment des cultures stratégiques. Les autorités affichent pour leur part l’objectif de l’autosuffisance en blé dur, suivie de l’orge et du maïs.
Reste à transformer ces perspectives en production. Spécialistes et acteurs du secteur rappellent que la réussite de l’agriculture saharienne dépend de la formation des investisseurs, de l’accompagnement des porteurs de projets et de la maîtrise des ressources hydriques. Chokri Hafed

