Ligne Alger-Tamanrasset : Les préparatifs s’accélèrent
À El-Meniaa comme à Ghardaïa, les autorités locales multiplient les inspections pour s’assurer que les moyens logistiques et techniques seront prêts. Le projet, érigé en « priorité absolue » par le président Abdelmadjid Tebboune, doit relier le Nord au Grand Sud à l’horizon 2028.
Les préparatifs se poursuivent dans les wilayas d’El-Meniaa et de Ghardaïa en vue du lancement des travaux de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset et particulièrement le tronçon Laghouat-Tamanrasset. Sous la supervision des autorités locales, les visites de terrain se sont intensifiées afin d’évaluer l’état de préparation des moyens logistiques et techniques mobilisés pour ce chantier. Le wali d’El-Meniaa, Mokhtar Benmalek, a effectué une sortie sur le tracé de cette future voie ferrée, qui reliera Laghouat à Tamanrasset en desservant Ghardaïa, El-Meniaa et In-Salah, dans le cadre du programme national de modernisation du réseau ferroviaire. Il a insisté sur la nécessité de « finaliser l’ensemble des préparatifs dans les délais impartis » et d’instaurer une coordination étroite entre les parties concernées, pour que les travaux démarrent dans les meilleures conditions. Le responsable a aussi plaidé pour un suivi permanent de chaque étape préparatoire et pour une prise en charge anticipée des éventuelles insuffisances. L’objectif est de garantir le bon déroulement du chantier, le respect des normes techniques et celui des délais contractuels.
À Ghardaïa, le wali Abdellah Abinouar s’est enquis de l’avancement des procédures de régularisation des biens privés situés à proximité du tracé, qui traverse notamment les communes de Berriane, El-Atteuf et Manssoura. Il a appelé à lever les contraintes susceptibles d’entraver la réalisation du projet et à renforcer la coordination entre tous les acteurs, afin de répondre aux préoccupations soulevées.
Cette mobilisation locale s’inscrit dans une séquence engagée depuis plusieurs semaines. En avril, le président Tebboune avait présenté la ligne comme le « nouveau pari du siècle » et fixé sa mise en service à fin 2028, pour que les Algériens puissent voyager en train du Nord jusqu’à Tamanrasset. Le 4 octobre, après l’approbation par la Banque africaine de développement (BAD) du financement du tronçon El-Meniaa-Tamanrasset, il avait ordonné le lancement immédiat des différents tronçons, érigés en « priorité absolue ». au cours du dernier Conseil des ministres il a exigé que le premier coup de pioche soit donné à Tamanrasset. Le Gouvernement, réuni mercredi 21 octobre sous la présidence du Premier ministre Sifi Ghrieb, a examiné l’avancement des opérations de terrain, conformément à ces instructions.
1.910 milliards de dinars mobilisés
Le tronçon Laghouat-Ghardaïa-El-Meniaa, long d’environ 495 kilomètres, a bénéficié d’un prêt de la BAD, dont le montant a été rapporté différemment selon les sources, tandis que le projet de loi de finances 2027 prévoit 1.910 milliards de dinars pour la ligne Alger-Tamanrasset, le poste le plus lourd des grands projets structurants. Les études techniques de ce tronçon sont achevées et un décret exécutif a déclaré d’utilité publique les sections Laghouat-Ghardaïa et Ghardaïa-El-Meniaa. Dans la wilaya d’El-Meniaa, que la ligne traverse sur près de 430 kilomètres, des sites ont été identifiés pour accueillir les bases de vie et les installations annexes destinées aux entreprises.
Pour la BAD, ce corridor doit devenir bien plus qu’une infrastructure de transport, en renforçant l’intégration de l’Algérie avec le Niger et l’Afrique de l’Ouest. La ligne facilitera le transport des voyageurs et des marchandises entre le Nord et le Sud du pays, contribuant ainsi au développement socioéconomique des territoires traversés. Samir Benisid

