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Midterms aux USA : Une épreuve pour Trump à l’ombre de la guerre en Iran

Les Américains se rendent aux urnes mardi pour renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 sièges du Sénat. Ce scrutin de mi-mandat est devenu un référendum sur Donald Trump et sur la guerre contre l’Iran, dont le coût humain, financier et économique pèse sur le quotidien des électeurs. Les pronostics donnent un net avantage aux démocrates. Les marchés de prédiction leur accordent environ 92 % de chances de reprendre la Chambre et plus de 65 % de contrôler le Sénat. Le Sénat reste plus difficile à conquérir et dépend d’une série de duels serrés. La cote de popularité du président se situe au milieu des 30 %, sur fond de colère contre la hausse du coût de la vie et la guerre. L’histoire plaide aussi contre le camp présidentiel car depuis 1934, le parti au pouvoir a perdu en moyenne 27 sièges à la Chambre lors de ces scrutins.

L’Iran s’est imposé au cœur de la campagne. Lancée le 28 février par Donald Trump et Benjamin Netanyahou, l’offensive a fait grimper le prix de l’essence de près de 50 % et celui du diesel de deux tiers. Le président américain avait engagé les opérations sans autorisation préalable du Congrès, ce qui a ouvert un débat sur les limites de ses pouvoirs de guerre. Selon le Chicago Council on Global Affairs, 86 % des Américains estiment que le conflit a nui au coût de la vie, et 68 % qu’il n’en valait pas la peine. Le Pentagone chiffre la facture à environ 47,1 milliards de dollars à la mi-octobre. Dans les circonscriptions disputées, les démocrates relient directement le prix à la pompe au soutien républicain à la guerre.

Téhéran suit lui aussi le calendrier électoral de près. Selon le Washington Post, les dirigeants iraniens ont intensifié les attaques contre le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz pour faire monter les prix de l’énergie et affaiblir Trump et les républicains avant le vote. Reuters rapportait en septembre que la Maison-Blanche envisageait d’intensifier les opérations militaires après le 3 novembre, sans qu’aucune décision n’ait été prise.

Au-delà de l’Iran, l’enjeu est aussi institutionnel. Selon que Trump gouvernera avec un Congrès coopératif ou face à une majorité démocrate, il pourrait voir ses textes bloqués et des enquêtes ouvertes. Les républicains, qui défendent des majorités étroites, ont par ailleurs recouru à des redécoupages électoraux en cours de décennie pour limiter les pertes habituelles du parti au pouvoir. Le conflit a aussi creusé des divisions au sein même du camp conservateur. Reste que les urnes ne suffiront pas à arrêter la guerre. Même avec une vague démocrate, le Congrès n’aurait presque certainement pas les majorités nécessaires pour contraindre Trump, qui garderait la main sur le conflit. L.S.

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