Économie

Pétrole : Le Brent chute de plus de 6 % sur fond d’espoirs de détente entre Washington et Téhéran

Les cours du pétrole ont nettement reculé lundi, le Brent de la mer du Nord cédant plus de 6 % pour s’établir à 106,24 dollars le baril, sur l’espoir d’une avancée diplomatique entre les Etats-Unis et l’Iran. Vers 14H45 GMT, le baril de Brent pour livraison en janvier, dont c’était le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, perdait 6,34 %. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en décembre, abandonnait 6,52 % à 97,33 dollars. Selon les analystes de DNB Carnegie, ce repli s’explique par « un rare optimisme de la part de l’Iran concernant les avancées diplomatiques » pour résoudre le conflit avec les Etats-Unis. Il tient aussi au fait que le président américain, Donald Trump, privilégie la poursuite des efforts diplomatiques plutôt que de nouvelles attaques.

Des tractations sont en cours entre Téhéran et Washington sous l’égide du médiateur qatari, malgré les menaces proférées de part et d’autre. « Nous nous efforçons de résoudre le problème par le dialogue. À cet égard, le guide suprême a conféré certains pouvoirs au gouvernement », a déclaré le président iranien, Massoud Pezeshkian, selon l’agence Irna.

De son côté, Trump aurait émis, lors d’un entretien téléphonique avec le Benjamin Netanyahu le souhait de laisser les négociations suivre leur cours plutôt que de frapper l’Iran dès la fin des élections américaines de mi-mandat, prévues mardi, rapporte le média Axios.

Un analyste de Global Risk Management, Arne Lohmann Rasmussen, a toutefois estimé que ces signaux diplomatiques « pourraient être tactiques » à l’approche du scrutin. Il a relevé que la guerre est impopulaire aux Etats-Unis, en raison notamment de la flambée des prix des carburants, et rappelé qu’Axios avait déjà fait état de percées imminentes qui n’ont pas débouché sur des accords concrets. Le marché a également pris en compte la situation en Russie. Moscou a affirmé en fin de semaine dernière que l’Ukraine avait de nouveau frappé des raffineries russes, après une pause d’environ deux semaines. Cette suspension avait réduit l’écart entre le prix du brut et celui du gazole, facteur de hausse des prix à la pompe. Cet écart se situe actuellement à son plus bas niveau depuis début octobre, selon les analystes d’ING, mais pourrait se creuser à nouveau avec la reprise des frappes.

Le gaz naturel européen a lui aussi reculé. Sur le marché d’Amsterdam, le TTF, référence européenne, perdait plus de 5 % en début d’après-midi, à 98,51 euros le mégawattheure (MWh). Il demeure toutefois à plus de trois fois son niveau de fin février, avant le déclenchement des hostilités avec l’Iran, après avoir bondi de 44 % au seul mois d’octobre. Par ailleurs, selon le Wall Street Journal, Washington tenterait de convaincre Moscou et Kiev de reprendre l’acheminement du gaz russe vers l’Europe par les gazoducs traversant l’Ukraine. R.E.

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