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Santé :  L’Algérie se dote d’un référentiel pour en finir avec les achats d’équipements à l’aveugle

Un scanner ou un appareil de dialyse est-il vraiment utile dans tel établissement ? Désormais, la réponse ne dépendra plus de l’appréciation de chacun. Le ministre de la Santé a présidé, mardi à Alger, la cérémonie de lancement du Référentiel national des équipements de santé (RNES), une base de données unifiée qui doit servir à évaluer le parc de matériel médical du pays et à déterminer les besoins des structures de soins. Le cœur de l’outil est un système de classement. Chacun des 716 types d’équipements recensés, répartis sur 38 spécialités médicales et huit pôles techniques transversaux, est qualifié d’« obligatoire », de « recommandé » ou d’« inadapté » selon quatre niveaux de soins. Le référentiel décrit aussi 1 403 cas d’utilisation, ainsi que les exigences d’installation, de mise en service et de maintenance de chaque appareil. Selon le ministre, « l’Algérie réalise une opération inédite au niveau national avec le lancement du premier référentiel de ce type, caractérisé par un tel niveau d’inclusivité et d’organisation ». Il y voit un « outil stratégique pour la planification, l’évaluation des besoins, la rationalisation de l’investissement public et l’uniformisation des critères de prise de décision à l’échelle nationale ».

L’enjeu financier est central. Le référentiel doit fournir un cadre objectif pour juger de la pertinence d’une acquisition, en intégrant le coût global de l’équipement sur tout son cycle de vie en prenant en compte l’installation, maintenance, pièces de rechange, consommables et formation du personnel. Autrement dit, le prix d’achat ne sera plus le seul critère. Côté pratique, la plateforme est accessible aux professionnels du secteur sur le site du ministère (rnes.sante.gov.dz). Elle comprend un tableau de bord permettant à chaque établissement et à chaque région de définir sa stratégie de gestion, à partir des équipements disponibles et de leur état de fonctionnement. Une cartographie numérique des wilayas montre en outre le matériel utilisable sur le territoire, pour repérer les zones déficitaires et les déséquilibres de répartition. M. Ait Messaoudene a inscrit ce lancement dans « une vision intégrée du ministère de la Santé visant à moderniser la gestion des équipements de santé, à travers une complémentarité entre l’organisation institutionnelle, la numérisation et l’uniformisation des procédures ». Il a rappelé les « progrès réalisés dans la numérisation de la gestion des équipements de santé », grâce à la plateforme de suivi et de maintenance SMES, « désormais pleinement opérationnelle ». Lyna Larbi

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