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PLF 2027 : Le volet social au coeur des débats parlementaires

L’Assemblée populaire nationale (APN) a repris, mardi à Alger, l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2027, un texte dont le volet social s’impose comme le principal fil rouge des échanges entre députés, à moins de deux semaines d’un vote fixé au lundi 16 novembre. La séance plénière était présidée par Khalida Boufedeche, présidente de l’Assemblée, en présence du ministre des Finances, Mohammed Lamine Lebbou, et de plusieurs membres du Gouvernement. Les débats se poursuivront jusqu’à mercredi. Jeudi, la parole reviendra aux présidents des groupes parlementaires, avant la réponse du représentant du Gouvernement aux préoccupations et aux interrogations des élus. Dès lundi, M. Lebbou avait détaillé les mesures proposées, qui s’articulent autour de plusieurs axes. Il s’agit de soutenir l’investissement productif et la diversification de l’économie, de préserver le pouvoir d’achat, d’élargir l’assiette fiscale, de simplifier les procédures et d’accélérer la modernisation de l’administration, mais aussi de renforcer la conformité fiscale, la transparence et la lutte contre la fraude et l’évasion. C’est toutefois sur le terrain social que les élus ont d’abord réagi, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali. Beaucoup ont salué l’augmentation des salaires, le soutien aux produits de base et l’affectation de crédits « considérables » aux transferts sociaux, autant de dispositions qui, à leurs yeux, consacrent « le renforcement du caractère social de l’Etat ».

Le député du FLN Ahmed Zoubir Saidi a valorisé les hausses de salaires prévues, tout en insistant sur l’amélioration du climat d’investissement, la simplification des procédures administratives et des avantages accrus pour les projets à « valeur ajoutée locale », seuls à même, selon lui, de développer les exportations hors hydrocarbures. Il a aussi appelé à renforcer la numérisation et à poursuivre l’élargissement de l’assiette fiscale.

Pour la députée du RND Siham Regaa, le texte traduit « l’importance de la dimension sociale dans la politique financière de l’Etat ». Elle a préconisé de généraliser la numérisation pour améliorer les services publics et d’accorder davantage de place aux secteurs « générateurs de richesses et d’emplois », en maintenant le soutien aux start-up et aux PME. Même tonalité chez Ibtissam Mostfaoui (Front el Moustakbal), qui a mis en avant les mesures de préservation du pouvoir d’achat et le soutien aux investissements nationaux et étrangers. Les augmentations de salaires et les enveloppes destinées aux produits de large consommation reflètent, a estimé la députée, la volonté des pouvoirs publics de soutenir « les catégories à faible et moyen revenus ». Le député du MSP Abderrezak Bousetta a relevé pour sa part l’absence de nouvelles taxes dans le projet, tout en jugeant important de renforcer la diversification de l’économie nationale afin d’aller de l’avant dans la « création de richesses ».

D’autres intervenants ont posé des conditions. Plusieurs députés ont demandé que les avantages fiscaux accordés aux investisseurs soient liés à leur niveau d’activité, à leur contribution à la production et à la création d’emplois, et que les réductions consenties sur les intrants agricoles se répercutent réellement sur les prix pratiqués sur les marchés. La commission des finances et du budget a, de son côté, proposé 26 amendements. Cinq portent sur des corrections linguistiques, quinze touchent au contenu d’articles existants et six introduisent de nouveaux articles. La réponse du Gouvernement, attendue jeudi, sera donc suivie de près, aussi bien sur les attentes sociales exprimées que sur les garanties demandées en matière d’investissement, avant le vote du 16 novembre. Chokri Hafed

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