À la UneActualité

Salaires : L’UGTA réclame des hausses pour tous

Invité de la Radio algérienne, Amar Takdjout veut que les augmentations déjà décidées et celle annoncée pour 2027 touchent aussi les entreprises économiques, et qu’elles soient protégées contre l’inflation. Le secrétaire général de la centrale syndicale propose des assises nationales sur la spéculation.

Les augmentations de salaires décidées pour 2025 et 2026, et celle promise pour 2027, ne doivent laisser personne au bord de la route. C’est le message porté hier par Amar Takdjout, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), à l’heure où se prépare le projet de loi de finances 2027.

Le syndicaliste rappelle que le chef de l’État s’est engagé sur une nouvelle hausse en 2027, après celles de 2025 et 2026, et que la revalorisation du SNMG s’inscrit dans cette dynamique. Sa demande est claire, leur répercussion doit concerner « aussi bien les administrations que les entreprises économiques ». Il ne cache pas que le terrain est inégal. Les augmentations, souligne-t-il, ont été appliquées « de manière différenciée selon les secteurs et les capacités financières des entreprises ». Certaines ont consenti des efforts significatifs, d’autres rencontrent davantage de difficultés. Pour M. Takdjout, la question ne se résume donc pas à un chiffre sur la fiche de paie. « La question dépasse le seul cadre salarial et nécessite une réflexion collective sur les mécanismes de régulation des prix », estime-t-il. Il juge que la hausse des salaires doit s’accompagner de mesures préservant durablement le pouvoir d’achat des ménages, et plaide pour « mieux maîtriser l’inflation et les pratiques spéculatives ».

Assises sur l’inflation et la spéculation

Pour y parvenir, le responsable syndical propose des assises consacrées à l’inflation et à la spéculation, ouvertes aux syndicats, aux partis, aux associations et aux acteurs économiques. Il insiste aussi sur l’organisation des circuits de commercialisation, notamment pour les produits agricoles, avec une meilleure identification des commerçants et des opérateurs, et leur adhésion effective aux structures professionnelles et aux chambres de commerce. Il sait ce que son appel peut avoir d’exigeant : « Les organisations politiques, sociales, syndicales qui ne produisent pas d’idées, qui ne font pas de propositions, ce sont des organisations qui sont mortes. »

Reste la question de la capacité des entreprises à suivre. M. Takdjout dit vouloir en discuter avec le patronat. « Nous sommes disposés à discuter avec nos partenaires », a-t-il affirmé, en se prononçant pour la reprise des rencontres entre partenaires sociaux afin d’examiner les difficultés des entreprises, d’anticiper les tensions et de chercher des solutions concertées. Il y voit une condition de « la préservation du caractère social de l’État ». Le dirigeant de l’UGTA a élargi son propos à d’autres leviers du pouvoir d’achat, à commencer par la stabilité de l’emploi. Il s’est inquiété du sort des contractuels, dont certains restent sous contrat dix, quinze, voire trente ans. « Quand on maintient un travailleur 10 ans, 15 ans, c’est un poste permanent et on ne se raconte pas d’histoire », a-t-il lancé, demandant que leur insertion dans des emplois permanents soit examinée entre partenaires sociaux. Il a également évoqué l’extension de la représentation syndicale aux retraités, aux salariés précaires et aux travailleurs indépendants, et fait état d’amendements aux lois de 2023 sur le droit syndical et les conflits collectifs, transmis au ministère du Travail depuis six à sept mois. Hocine Fadheli

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *