Annaba : Une pénurie fait grimper les prix de la pomme de terre
La pomme de terre se fait de plus en plus rare sur les marchés d’Annaba, où son prix atteint désormais 150 à 180 DA le kilogramme. Au marché de gros de Sarouel, les faibles arrivages et la cherté du produit alimentent les inquiétudes des commerçants comme des consommateurs.
La pomme de terre, produit incontournable dans le panier des ménages, est devenue difficile à trouver dans plusieurs marchés de la wilaya d’Annaba. Depuis quelques jours, les étals se vident et les commerçants peinent à renouveler leurs stocks. Pour les consommateurs qui parviennent encore à en trouver, la facture est particulièrement salée, puisque le kilogramme est proposé entre 150 et 180 DA, un niveau de prix qui pèse davantage sur les dépenses quotidiennes des familles. La situation est particulièrement préoccupante au marché de gros de Sarouel, où l’approvisionnement semble connaître de sérieuses perturbations. Selon plusieurs commerçants rencontrés sur place, seules cinq camionnettes chargées de pommes de terre auraient été enregistrées hier. Des quantités largement insuffisantes au regard de la demande, qui auraient donné lieu à une forte concurrence entre les revendeurs venus s’approvisionner. Certains témoignages évoquent même des bousculades autour des rares cageots disponibles, chacun tentant de repartir avec une partie de la marchandise avant l’épuisement des stocks.
Cette tension s’est répercutée directement sur le marché de détail. À El Hattab, l’un des principaux espaces commerciaux de la wilaya, les étals sont presque dépourvus de pommes de terre. Les rares commerçants qui en proposent encore indiquent avoir écoulé les quantités acquises ou commandées plusieurs jours auparavant. Depuis, leurs démarches pour reconstituer leurs stocks n’auraient pas abouti. Le produit serait devenu particulièrement difficile à obtenir auprès des fournisseurs du marché de gros.
Du côté des professionnels, les explications avancées renvoient notamment au prix d’achat auprès des producteurs. Plusieurs commerçants estiment que les intermédiaires chargés de collecter les récoltes et de les acheminer vers les marchés de gros hésiteraient à effectuer de nouvelles transactions, en raison des tarifs réclamés par les agriculteurs. Le plafonnement national des prix est également pointé du doigt. Selon certains témoignages, le décalage entre les prix exigés à la production et les tarifs encadrés à la revente réduirait les marges des intermédiaires, certains préférant ainsi renoncer à l’approvisionnement plutôt que de vendre à perte.
Rappelons que les pouvoirs publics ont annoncé, au début d’octobre écoulé, le plafonnement du prix de la pomme de terre, fixé entre 60 et 70 DA le kg à la production et entre 80 et 90 DA au détail. Or, les quelques quantités encore disponibles sur les étals d’El Hattab sont proposées chez certains marchands de légumes entre 150 et 180 DA/kg. Un écart considérable, qui soulève des interrogations sur l’application de cette mesure et sur les mécanismes de régulation du marché, à une période de l’année où le marché connaît des tensions d’habitude compensées, en principe, par les déstockages de masse ordonnés par les services de l’Agriculture il y a quelques jours. Au-delà de la flambée des prix, c’est donc toute la chaîne d’approvisionnement qui semble mise à l’épreuve. L’origine exacte du blocage reste à déterminer. Sofia Chahine

