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Après N’Djamena, Attaf à Niamey pour consolider l’axe énergie-sécurité : L’Algérie déploie sa diplomatie au Sahel

Envoyé spécial du président Tebboune, le ministre d’Etat Ahmed Attaf a été reçu mercredi à Niamey par le général d’armée Abdourahamane Tiani, au lendemain de son escale à N’Djamena. Cette tournée sahélienne confirme la montée en puissance du partenariat algéro-nigérien, désormais structuré autour du gazoduc transsaharien, de l’énergie et de la sécurité.

Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a été reçu, mercredi à Niamey, par le président de la République du Niger, le général d’armée Abdourahamane Tiani, à qui il a remis une lettre de son frère le président Abdelmadjid Tebboune, a indiqué un communiqué du ministère. Dépêché en qualité d’envoyé spécial du chef de l’Etat, M. Attaf avait été accueilli à son arrivée par son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangaré. Selon la même source, cette visite s’inscrit dans le « renforcement de la dynamique positive » des relations entre les deux pays.

Dans son message, le président Tebboune fait part de sa « grande satisfaction » quant au niveau atteint par les relations bilatérales « dans tous les domaines », ainsi que de sa détermination à œuvrer avec son homologue pour les consolider. Les deux parties ont passé en revue les derniers développements au Sahel. M. Attaf a souligné que l’Algérie est « disposée à œuvrer avec tous les pays de la région » en faveur de « la sécurité et de la stabilité ».

Cette étape s’inscrit dans la tournée entamée mardi au Tchad. A N’Djamena, M. Attaf avait estimé que les relations algéro-tchadiennes « se portent très bien » et que l’exécution des 27 accords scellés entre les deux pays « agit toujours dans la bonne direction ». A Niamey comme à N’Djamena, la démarche est la même. Il s’agit de transformer les engagements des chefs d’Etat en projets concrets, au service d’une région sahélo-saharienne qui partage les mêmes défis.

Avec le Niger, ce travail s’appuie sur la dynamique née de la visite à Alger du président Tiani, les 15 et 16 février derniers. Une nouvelle page s’était alors ouverte, et les décisions n’ont pas tardé et les deux chefs d’Etat avaient notamment convenu de réactiver les mécanismes de contrôle de leurs frontières. Sur le plan énergétique, le gazoduc transsaharien est le projet phare. Long de 4 128 km, dont 841 km en territoire nigérien, il doit acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le Niger et l’Algérie. Les travaux ont été lancés officiellement le 4 juin, et le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a annoncé le 12 octobre que l’Algérie avait bouclé ses études et entamé la pose de son tronçon, tandis que les relevés topographiques ont débuté en octobre côté nigérien. Sonatrach exploite également le puit pétrolier de Kafra, alors que des discussions sont engagées pour explorer les opportunités de coopération sur le champ de Bilma. La coopération se lit aussi à Niamey même, où la centrale électrique de solidarité algéro-nigérienne de 40 mégawatts, à Gorou Banda, a été inaugurée début juin. Plus récemment, l’Algérie a volé au secours du Niger qui face à une crise énergétique. La Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP) a réceptionné dimanche, dans son dépôt d’Agadez, un premier convoi d’envergure constitué de 53 camions-citernes totalisant 1.600 tonnes d’essence en provenance directe de la raffinerie de Sonatrach de Sbaa située dans la wilaya d’Adrar.

Le volet sécuritaire a suivi la même progression. Un protocole d’accord de coopération militaire a été signé à Alger le 21 octobre. Quatre jours plus tard, les deux chambres du Parlement ont approuvé la notification du président de la République portant envoi d’unités de l’ANP au Niger. Une mission qui vise la protection des intérêts économiques et énergétiques des deux pays.

Ainsi, de N’Djamena à Niamey, la diplomatie algérienne déroule une même logique, celle de bâtir, avec ses voisins du Sud, une profondeur stratégique fondée sur l’énergie, le développement et la sécurité partagée. Salim Amokrane

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