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La campagne électorale ouverte ce jeudi : La course aux locales lancée

La campagne des élections locales du 28 novembre démarre jeudi. Pendant 20 jours, près de 163 000 candidats iront chercher l’adhésion des électeurs, sous le regard d’un dispositif légal et institutionnel particulièrement serré.

Le coup d’envoi de la campagne pour les élections locales sera donné demain jeudi. Pour les candidats aux Assemblées populaires communales (APC) et de wilaya (APW), le scrutin du 28 novembre se jouera d’abord sur le terrain, devant un corps électoral de 24 236 959 inscrits.

La séquence durera 20 jours et s’achèvera trois jours francs avant le vote, ce qui ouvre la période de silence électoral de 72 heures. Passé ce cap, plus aucun acte de propagande ni aucun sondage d’opinion ne pourra être publié, l’électeur restant seul face à son choix avant de glisser son bulletin dans l’urne. On compte 141 388 candidats pour les APC et 21 476 pour les APW, répartis sur l’ensemble du territoire. Sur 5 600 listes communales et 434 listes de wilaya déposées au départ, environ 2 % seulement ont été écartées, un taux de rejet infime. Aucune des 1 541 communes ne sera privée de compétition, chacune voyant s’affronter au moins deux listes, y compris dans les localités reculées et peu peuplées. Avec 25 partis et 51 alliances en lice, le fait partisan revient en force, alors que les listes indépendantes reculent en proportion. Le profil des candidats retient l’attention. Les moins de 40 ans pèsent 54,02 % de l’ensemble, soit plus de 87 000 personnes. Les femmes représentent 11,86 % des postulants et sont présentes dans plus de 900 communes, une part qui reste modeste. Quant au niveau d’instruction, il progresse nettement, avec 48,48 % de diplômés de l’université.

Pour garantir l’égalité des chances, les institutions de l’Etat et les organismes publics sont tenus de garder la même distance avec toutes les listes. Le tirage au sort des plages réservées aux candidats dans l’audiovisuel public s’est déroulé jeudi dernier, et les représentants des partis comme des listes indépendantes ont à cette occasion paraphé la Charte d’éthique des pratiques électorales. Au total, 800 unités de temps d’antenne ont été réparties entre six chaînes de télévision et six stations de radio nationales. Chacune des 263 listes libres se voit garantir un minimum, tandis que partis et coalitions reçoivent une dotation proportionnelle au nombre de leurs listes, à eux d’organiser en interne le partage de leur temps de parole. Des studios installés à Oran, Béchar, Ouargla et Constantine éviteront aux candidats des wilayas voisines de longs déplacements.

Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Saad Arous, a invité les candidats à respecter la loi, à préserver la dignité des personnes et à renoncer aux propos offensants ou trompeurs. Le discours politique est lui-même balisé. Les appels à la haine et les propos fondés sur des considérations régionales, linguistiques, ethniques ou communautaires sont proscrits, tout comme le recours aux langues étrangères et l’exploitation des composantes de l’identité nationale à des fins partisanes.

La neutralité de l’administration impose aussi des limites très concrètes. Aucun moyen de l’Etat ne peut servir une liste. Les locaux publics, les établissements scolaires et universitaires et les lieux de culte sont fermés à la propagande, qui reste cantonnée aux rassemblements dans des salles autorisées, aux rencontres de proximité et à l’affichage sur les emplacements réservés. Les délégations communales et de wilaya de l’ANIE veilleront au respect de ces règles, et les candidats pourront dépêcher leurs représentants dans les centres et bureaux de vote le jour du scrutin.

Le chapitre de l’argent est verrouillé. Seuls sont admis les apports des partis, les ressources personnelles du candidat et les dons en espèces ou en nature venus de personnes physiques. Tout concours étranger et tout financement par des personnes morales sont bannis. Chaque liste ouvre un compte bancaire unique, géré par un mandataire financier, sans pouvoir dépasser le plafond de dépenses fixé. L’Etat couvre pour sa part les frais de campagne des jeunes candidats des listes indépendantes. Les comptes devront être remis à la Commission de surveillance du financement de la campagne électorale dans les mois qui suivent la proclamation des résultats.

La vigilance s’étend aussi à la toile. Une cellule réunissant des membres de l’autorité électorale et des experts de plusieurs départements ministériels suivra les publications. Des accords conclus avec Facebook et WhatsApp permettent de les surveiller dans le cadre légal et de bloquer par algorithme la publicité commerciale comme les discours de haine. En cas de dérapage, l’ANIE privilégie le dialogue avant d’actionner les procédures légales, en coordination avec l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel.

Entre un cadre juridique resserré, une jeunesse très présente et des candidats plus instruits, la campagne promet un duel d’idées autant qu’un exercice de proximité. Programmes et promesses seront soumis aux citoyens, seuls juges d’un rendez-vous qui dessinera le visage des assemblées locales et le cap du développement communal et de wilaya pour les années à venir. Les urnes diront le reste. Hocine Fadheli

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