Missions de l’ANP: Le président de la République remet les pendules à l’heure

Stigmatisée, critiquée et diabolisée autant par certains groupes au sein du néo hirak que par des parties étrangères hostiles à l’Algérie et à son armée, Tebboune a, dans un entretien qu’il a accordé au magazine français « Le Point », remis les pendules à l’heure en défendant l’image républicaine de l’ANP dont il est le chef suprême. Le Président de la République a reçu les deux journalistes quasiment en tête à tête, puisque ce dernier a, rapportent les deux confrères, même « congédié » ses équipes de la Com. Cette proximité est d’ailleurs relatée par les invités qui témoignent que « (…) Abdelmadjid Tebboune demande à mener l’entretien sans la présence de ses équipes qui nous laissent presque seuls(…) » et que « (…) Son discret staff, réduit au maximum, s’éparpille sous les arcades mauresques de cette résidence adossée au «cabinet», peut-on lire en dépit du florilège de questions dont certaines semblent orientées particulièrement vers ce qui est communément appelé « ligne rouge », à savoir la Présidence de la République et l’Armée. Cependant et dans un signe d’aisance et de maitrise des sujets entamés par les représentants de l’hebdomadaire français, Tebboune semble faire fi de ces lignes pour répondra tout de Go, sans ambages. Le Président Tebboune n’a rien à cacher et affiche ainsi la transparence et le franc parlé qui lui sont désormais connus, ce qui contraste avec les anciennes méthodes et leurs intrigues où Bouteflika voulait être le « Red-chef » de tous les journalistes qui ont tenté de l’interviewer.  « Le poids de l’Armée est une réalité positive » assènera-t-il. « Si nous n’avions pas une armée aussi moderne et aussi professionnelle, la situation en Algérie serait pire qu’en Libye ou en Syrie » aura à faire Tebboune en guise de réponse à propos de cette question que tout le monde chuchote sans jamais la poser sinon bien tapis, les mardis et vendredis au sein du hirak inféodé, et qui servait à peine à semer le doute et la zizanie. Le locataire du Palais d’El Mouradia où il ne compte d’ailleurs pas s’éterniser puisqu’annonçant ne pas penser, pour le moment, à second mandat à la tête du pays rappellera aux deux journalistes que « l’armée s’est retirée de la politique depuis la fin des années 1980. L’époque où des officiers de l’armée siégeaient au comité central du FLN (ex-parti unique) est terminée. L’armée ne fait plus de politique. » Revenu à la charge, Le Point ne ratera pas l’occasion d’évoquer « le poids de l’armée et des services de renseignement ». Telle une réponse du berger à la bergère, le Président de la République qui rappelle les conditions dans lesquelles il avait accédé au pouvoir alors que le pays frôlait la catastrophe des suites de la gestion du pays par « procuration » rappellera que « pendant le Hirak, certains, y compris dans les rangs de ceux qui se prétendent démocrates, ont demandé à l’armée d’intervenir. Elle a refusé, préférant protéger le pacifisme du mouvement. » L’interviewé fera remarquer à ses hôtes que « si elle (l’armée NDLR) avait voulu prendre le pouvoir, elle l’aurait fait. C’était une demande populaire, le peuple l’appelait à faire cesser la comédie du cinquième mandat et la déliquescence de l’État. L’armée n’a pas pris le pouvoir et ne le prendra pas, parce qu’elle est légaliste. »

Azzedine Belferag

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