Déportés algériens en Nouvelle Calédonie et à Cayenne / Reconstruire les liens

La situation des descendants des Algériens déportés par la France coloniale est triste, a rappelé hier Abdelmadjid Chikhi, conseiller du président de la République pour les questions de la mémoire et des archives nationales.

Invité hier à s’exprimer sur les ondes de la Radio algériennes, Abdelmadjid Chikhi a indiqué que « des efforts très conséquents sont nécessaires pour reconstruire les liens de cette catégorie de citoyens avec leur pays d’origine en faisant renaître chez eux le sentiment que l’Algérie a toujours besoin d’eux ». Celui-ci a ainsi considéré qu’ « il est bon de commencer le travail et de laisser les générations futures poursuivre l’œuvre de consolidation de ce lien entre les descendants des déportés en Nouvelle Calédonie, à Cayenne et en Guyane avec  leur pays d’origine ».

Toujours au chapitre des déportés, le directeur du Centre national des archives a considéré que « parler des déportés ne doit, cependant, pas faire oublier le cas des autres Algériens contraints par la France coloniale de s’exiler ». Abdelmadjid Chikhi citera l’exemple d’ « El Kebabti et d’El Annabi, deux Imams qui ont été obligés de s’exiler dans la ville égyptienne d’Alexandrie » ainsi que le cas « des Algériens mobilisés par la force dans les rangs de l’armée française en 1912 ».  

A la même occasion, le directeur du Centre national des archives et conseiller du président de la République pour les questions de la mémoire a également estimé que « les crimes de la France coloniale en Algérie son nombreux » précisant que « ces crimes n’ont pas d’égal à travers le monde ». « Les Algériens, partout où ils se trouvent ont souffert des malheurs causés par le colonialisme qui ont touché même les algériens de l’étranger. Tous ces épisodes douloureux doivent être des sujets traités par les cinéastes afin de les garder et de les fixer dans la mémoire collective », a-t-il par ailleurs recommandé.

Dans cet effort, Abdelmadjid Chikhi a loué « le travail accompli par le théâtre radiophonique dans ce sens durant les premières années de l’indépendance » recommandant à ce titre de multiplier les émissions sur ce sujet afin d’évoquer et de rappeler la situation malheureuse vécue par cette catégorie loin de leur pays d’origine », tout en faisant une rétrospective du « phénomène de la déportation exercée par la France coloniale dès 1837 visant essentiellement les Algériens épris de liberté et refusant le fait colonial. La loi coloniale instable appliquée durant cette période considérait les Algériens comme des prisonniers de guerre au point que ces Algériens ont été envoyés en exil forcé dans les villes françaises du Nord de la méditerranée et aux Iles Margueritte. Plus tard, l’œuvre sera poursuivie par le général Bugeaud en commettant des crimes et des exterminations abominables de 1840 à 1864 » a-t-il affirmé. 

L’orateur précisera enfin que « les déportations s’accéléreront après la révolte d’El Mokrani et cheikh El Hedddad en 1871 touchant ainsi des Algériens de toutes les régions » précisant que ces déportations sont une preuve que les révoltes concernaient tous les Algériens qui viennent de toutes les régions vers les lieux des révoltes ». Ce qui a, ajoute-t-il, contraint la France coloniale à déporter les Qlgériens vers des contrées de plus en plus lointaines comme la Nouvelle Calédonie. Chikhi notera que « les déportés algériens à Cayenne étaient même privés des droits d’exercer des activités agricoles et de se marier avec les femmes autochtones comme le stipule pourtant la même loi qui y autorise les autres prisonniers après leurs peines de prisons fixées entre 8 et 20 ans ».

Akli Amor

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