Régulation et contrôle des marchés : Le ministère du Commerce cherche à imposer la facture

Pour lutter contre la spéculation, les pratiques illicites et l’anarchie qui règnent sur les circuits commerciaux, le département de Kamel Rezig table sur le développement de la grande distribution, en sus d’une batterie de mesures destinées à renforcer le contrôle sur les marchés.

En ce sens, le Directeur de la régulation et de l’organisation des marchés au ministère du Commerce, Sami Koli, a fait savoir lundi sur les ondes de la Radio algérienne que le marché sera « régulé par un nouveau dispositif réglementaire visant à se mettre à niveau par rapport à ce qui se fait sur le plan international en mettant sur pied carrément des villages commerciaux avec tout ce qu’il y a comme activité commerciale et aussi culturelle ». Et de préciser que « le ministère va dissocier les deux volets liés aux marchés de gros des fruits et légumes et les marchés de gros d’autres produits comme la chaussure, l’habillement et la maroquinerie ». Sami Koli a ainsi révélé à cet effet « le projet de création de deux marchés de ce type à Tlemcen et Médéa ». M. Koli promet que « le ministère va mettre tout en œuvre pour avoir des marchés qui répondent à toutes les normes » tout en révélant que des opérateurs nationaux ont manifesté un intérêt même si pour le moment il n’y a pas d’étranger inscrits dans ce créneau.

L’invité de la Radio nationale Chaîne 3 a également abordé la difficulté à maîtriser le phénomène de la spéculation qui touche des produits spécifiques à chaque occasion à l’instar de la courgette et des navets dont les prix se sont envolés à l’occasion de l’Aïd. A cet effet, l’orateur a souligné qu’ « il ne faut pas parler uniquement de disponibilité des produits mais aussi de la traçabilité », déplorant à l’occasion le continuel « refus du document de traçabilité qui est la facture malgré toutes les assurances données aux agriculteurs et aux éleveurs concernant la facture et le bon de livraison permettant de connaître l’origine, les quantités et les prix ». Un dispositif est en préparation au niveau du ministère du Commerce, ajoute-t-il, pour relancer cette initiative. Il assurera que le ministère va « imposer ce document parce que c’est l’unique moyen qui va nous garantir l’innocuité du produit ». Le paiement électronique et  à distance est aussi un moyen, explique-t-il, de dépasser le phénomène du cash qui entrave le développement de l’activité commerciale.

Toujours au chapitre de l’organisation de l’activité commerciale, le directeur de la régulation et l’organisation des marchés au ministère du Commerce a évoqué l’avant-projet de loi sur la concurrence qui a été transmis au gouvernement. « Cette nouvelle loi permettra aux pouvoirs publics d’intervenir dans certains cas comme la flambée des prix à travers notamment le plafonnement  et la fixation des marges ainsi qu’une proposition de tarifs de référence » a-t-il expliqué.

Par ailleurs, l’intervenant a abordé la question des chambres de commerce  dont la gestion est frappée de dichotomie en ayant à leur tête deux responsables dont un est élu par les opérateurs alors que le second est nommé par l’administration.  A cet effet, il a assuré qu’ « un travail a été fait dans l’objectif de redynamiser ces espaces pour en faire un outil de promotion de la production nationale », révélant que ces chambres seront destinées également à booster le commerce extérieur. Le ministère, révèle-t-il, a définitivement levé cette dichotomie car le responsable nommé fera désormais office de secrétaire général. 

Kamel Nait Ameur

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