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Par Melissa Roumadi-Belferag

La riposte à la troisième vague de contamination au coronavirus commence à s’organiser. Il était grand temps ! Car la gestion de la crise sanitaire pose certains questionnements, et cela est tout à fait naturel. Ce genre de débats n’est d’ailleurs pas une spécificité algérienne. Les autorités sanitaires, dans l’ensemble des pays, sont mises devant leurs responsabilités à chaque flambée des contaminations : pourquoi cette flambée, a-t-on pris les bonnes décisions pour limiter la propagation et est-ce que les systèmes sanitaires étaient prêts à absorber et gérer la pandémie ? Ce sont des questions qui reviennent à chaque fois et qui sont relayées par les médias du monde entier.

Les plus indulgents diront que la pandémie de coronavirus est inédite et qu’elle ne ressemble à aucune autre. C’est un virus dont on ne connaît presque rien, ni dans la manière dont il évolue et encore moins de la façon dont il va évoluer à l’avenir. C’est en cela qu’il présente un véritable défi pour l’Humanité, laquelle est en phase d’apprentissage et en permanente adaptation.

Cela ne doit, cependant, pas reléguer problèmes qui existent réellement. Car, l’évolution du virus et de ses variants commence à présenter un schéma. Et entre l’apparition d’une souche et sa propagation à l’ensemble des pays, il existe une marge, un gap qui peut permettre l’anticipation. C’est en cela que le débat mondial actuel sur l’adaptabilité des différents systèmes sanitaires, leur dynamisme et leur capacité à traiter les patients dans ce contexte pandémique est pertinent. Cela n’a rien à avoir avec la richesse ou les moyens d’un pays. C’est une question de gestion et de capacité à capitaliser sur les expériences passées. Les pays d’Afrique l’ont d’ailleurs parfaitement démontré au début de la pandémie en capitalisant sur l’expérience de l’épidémie d’Ebola pour contenir la propagation du coronavirus.

Dans notre pays la problématique est plus complexe. Les moyens sont mobilisés, on se plie en quatre pour fournir les matériaux, et les équipements nécessaires, de même que les citoyens se mettent de la partie pour garantir la disponibilité des médicaments et matériels nécessaires. Et pourtant, la pénurie persiste dans certaines structures. La situation démontre que la principale problématique est liée à la mauvaise gestion des ressources, à l’attachement à certaines pratiques archaïques et au manque criard d’anticipation. Le problème doit être posé en toute objectivité et sérénité, mais ne doit surtout pas faire l’objet de récupération politique. Car la pandémie est devenue un véritable fonds de commerce politiques pour des acteurs à l’intérieur et à l’extérieur du pays qui jouent sur la rumeur, la peur et l’inquiétude de la population pour en tirer des dividendes.